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7 jours au paradis des chamois

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1003

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Je n’avais pas prévu de relater ma semaine d’escapade, dans ce que beaucoup considèrent, et j’en fais partie, comme la Mecque du trail running, j’ai nommé Chamonix. Prononcez Chamoni, sous peine de vous voir jeter aux loups !

Christophe de Yanoo m’ayant demandé des informations sur cette semaine (relaté ici), je décide donc d’ajouter quelques instantanés de ces journées au paradis, pour ceux que ça intéresse, et aussi pour une version plus âgée de moi qui se penchera peut être dessus avec nostalgie.

Vendredi : 1h25, 17km et 300D+ le matin, 1h28, 11km et 900D+ l’après midi

Un petit footing à jeun le matin, sur les bords de l’Arve, entre Chamonix et les Houches pour prendre conscience que, oui je ne rêve pas, je suis bien de retour sur ces chemins que j’aime toujours autant. Je voulais faire 1h mais je pousse jusqu’aux Houches voir des amis qui tiennent un gite. J’y retourne en fin d’après-midi, en mode vertical cette fois ci, pour informer mes jambes que ça risque de piquer un peu dans les jours à venir.

Samedi : 3h24, 21km et 1850D+

Le ciel bleu est immaculé et je pars de bonne heure pour ce qui est probablement l’une des belles balades de la vallée, la montée à la jonction des glaciers des Bossons et de Taconnaz, à 2600m, au pied du Mont Blanc. Le départ est toujours délicat pour moi, le temps de me réveiller et de digérer mais je me mets assez vite dans le rythme pour vivre un de ces moments que je chéris tant. De la bonne musique dans les oreilles, je cours quasiment en continu et tête haute je profite du panorama somptueux. Quelques interludes de discussion avec des randonneurs matinaux permettent d’ajouter un peu d’humanité à cette belle montée. Mais c’est seul que j’arrive en haut et que je profite pendant quelques minutes de la magie des lieux. Les premiers randonneurs arrivent et je les laisse savourer à leur tour la majesté de l’endroit. Après une première partie de descente technique, je me fais plaisir et termine à tombeaux ouverts.

Dimanche : 1h, 12km et 450D+

Pluie, un peu de fatigue. Je m’inflige une séance de VMA courte en bosse. 5 montées de 250m, récupération 100m et descente à bloc. Infernal, impitoyable, incontournable.

Lundi : 2h55, 23.6km et 1700D+

Depuis le temps que je tourne autour, je décide enfin d’aller trainer mes guêtres du côté du kilomètre vertical qui serpente, ce qui est un bien grand mot, sous les télécabines menant à Planpraz. Petit déjeuner un peu copieux, sac à dos chargé d’eau, échauffement minimaliste, combinaison démoniaque. Dès les premiers hectomètres, je sens les ennuis arriver à grand pas. Une fois passée le départ du télécabine, je marche déjà, que la honte s’abatte sur moi. Arrivé dans les lacets, ça va un peu mieux mais je transpire déjà comme un bœuf et souffle comme un phoque. Je ne suis pas en mode compétition mais j’essaie de progresser avec célérité. L’effort est plutôt intéressant mais je ne sais pas si j’arriverais à vraiment tout arracher avec un dossard sur le dos. Il me faut 55 minutes pour boucler ce KV ce qui n’est franchement pas une référence. Je me rajoute 500D+ en montant au Brévent. La descente, malgré les nombreuses pierres, est attaquée sans aucun frein et je crains d’avoir effrayé, voire enrhumé, quelques randonneurs en quête de tranquillité. Le balcon menant à La Flégère est toujours aussi agréable bien qu’un peu trop peuplé à mon goût. Et le retour par La Floria toujours aussi ludique.

Mardi : 3h, 36.75km et 1000D+

Séance allure spécifique Trail du Haut Koenisbourg. Consigne du coach « travaille sur la fatigue ». Ça ne devrait pas être très compliqué. Le temps est toujours aussi parfait et je décide d’oublier un peu les sommets pour courir avec plus de rythme. Je pars donc sur le parcours du marathon du Mont Blanc en essayant de monter tout de suite le cardio dans la cible demandée. Les premières inclinaisons de pente me stoppent un peu mais j’arrive assez vite à courir partout et surtout à relancer sur le plat et en descente. Le single en forêt est vraiment un de ceux que je préfère avec de nombreux changements de rythme. Après quelques détours, j’atteins le col des Montets en 1h35 à 11,6 de moyenne. Je décide donc de revenir par le même chemin qui sera forcément plus roulant et encore plus plaisant car désormais je cours face au Mont Blanc. De retour à l’altitude de Chamonix je suis à 11.8 de moyenne. Il reste 40 minutes donc j’essaie de tartiner pour aller cherche un compte rond. A 14-15 ça sera vite fait et je rentrerais une fois de plus satisfait de cette belle sortie.

Mercredi : 5h, 30km et 2000D+

Après le KV, c’est le Mont Buet, qui culmine à 3096m, que j'avais dans mon viseur depuis un moment. Ma séance prévue de rando course de 5h s’y prêtait donc parfaitement. La veille en prenant un verre avec mon pote moniteur de l’UCPA, j’apprends que c’est là qu’il va emmener son groupe le lendemain, à mourir de rire. En revanche là où je rigole moins c’est qu’ils prennent le train de 6h45 ce qui veut dire 6h20 pour moi. Pas trop envie de me lever à 5h30 donc je prendrais le train suivant 1h30 plus tard pour me rendre à la gare du Buet. J’ai dans l’idée de revenir sur le groupe et pense les croiser lors de ma montée avant de les rejoindre à la descente. La rando course est oubliée, les bâtons vont rester dans le sac à dos et j’essaie de monter le mieux possible même si je trouve que je n’avance pas fort, la fatigue étant un peu présente. Ça ne m'empêche pas de découvrir et d'apprécier un environnement minéral, très sauvage et assez impressionnant. La dernière montée finale de 500D+ est juste hallucinante. On se croirait sur la lune mais avec une pente de malade. J’arrive au sommet en 2h05 juste quand le groupe redescend. Je prends le temps de me taper une petite collation et très vite je reviens sur mon pote qui attend une stagiaire légèrement blessée. On va redescendre à 1900m en marchant et en papotant tranquillement. C’est la rando course inversée. Je finirais tranquillement l’heure et demi restante sous une chaleur un peu pesante.

Jeudi : 2h, 16km et 1000D+

Dernier jour, dernière balade. Comment partir sur une excellente impression ? En montant à Montenvers voir la mer de glace pardi ! Je fais une montée cool sans me prendre la tête. Je cours un peu, je marche beaucoup, le cardio ne s’affole pas du tout. Parti de bonne heure, je me retrouve une nouvelle fois esseulée face à l’indescriptible. Assis sur une pierre, je ne peux réfréner une larme. C’est que je deviendrais sensible comme une midinette en vieillissant ! Je fais donc une descente solide comme un bonhomme pour retrouver un semblant de dignité.


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A croire que je me la suis un peu trop coulé douce car c’est donc sans blessure et pratiquement sans aucune courbature ou douleur physique que s’achève cette semaine. Semaine assez remarquable comme souvent par là-bas. Des balades marquantes et des échanges nombreux et enrichissants. Dans ma chambre de quatre au gite, c’est le monde qui est venu à moi. La Finlande, la Nouvelle Zélande, la Grèce, l’Angleterre, l’Espagne, la Corée, le Japon, la Chine, la Russie. Aucun français, ce qui est quand même assez ironique. Peut-être comprendrez-vous maintenant pourquoi j’y retourne toujours avec autant de plaisir.
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