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Avril 2017 : Traîneau à chiens en Laponie

Publié par Dominique G. (FRA 074) dans le blog Dominique G. (FRA 074). Nombre de vue: 610

Le milieu des sports canins ou Mylène baigne depuis quelques années, comporte de nombreuses disciplines : canicross, cani-vtt, trottinette, kart, ski-joering, mais la plus spectaculaire est la course en traîneau avec un attelage de chiens. Sylvie, une copine de canicross, avait proposé à Mylène de les accompagner, elle et son mari, sur un séjour en Laponie suédoise qu'ils font chaque année. Brian s'étant désisté, j'ai pu me joindre à elles pour m'initier à cette discipline nouvelle pour moi.

Une organisation sans faille :
François, le Musher qui nous à guidé pendant ces 6 jours, organise ces expéditions depuis de nombreuses années. Il possède une cabane dans la réserve naturelle de Vindelfjällen, en Laponie suédoise, ou il passe 2 mois par an pour accueillir les personnes qui veulent découvrir cet univers, et qui souvent reviennent régulièrement ensuite. Son site : http://www.traineau-a-chiens.com/

Excellent Musher, Francois vadrouille tout l'hiver en traîneau, soit chez lui dans les Pyrénées, soit en Laponie, et participe aussi à quelques courses, en France (la Grande Odyssée) ou en Suède (Beaver Trap Trail - BTT350). Mais on découvrira également au cours de ces 6 étapes ses talents de cuisinier. Chaque soir à l'arrivée au refuge, il nous concocte de véritables banquets, malgré les conditions très spartiates.

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Ce séjour est donc à la portée de tous, à condition d'avoir une condition physique correcte, et surtout d'aimer les chiens !

A la découverte du Grand Nord.
Bon la Laponie, ça n'est pas le pôle nord, mais pour nous français, c'est quand-même déjà bien froid. Nous partons le 16 avril, les arbres sont en fleurs et ça sent le printemps. Dès l'arrivée à Stockholm, on sent le froid, et notre petite ballade hors de l’aéroport en attendant notre correspondance nous mets dans l'ambiance suédoise. Le vol intérieur, jusqu'à Arvidsjaur, l'aéroport le plus proche de notre destination, nous fait survoler les plaines et montagnes enneigées : on voit bien que la Suède est une vraie éponge : des rivières et des lacs partout. Tous gelés. François nous attend pour nous amener en 4*4 à Ammarnäs, le village ou il a sa base.

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Après une bonne nuit dans une maison confortable, on se prépare pour notre périple, et on découvre les toutous qui vont nous tracter pendant ces 6 étapes dans la réserve de Vindelfjällen. Après un rudimentaire apprentissage de la conduite des traîneaux, nous voilà partis sous un grand soleil pour notre première journée. Les départs sont toujours assez mouvementés car les chiens n'ont qu'une envie : courir à fond sur la neige. Mais le premier est carrément stressant quand on n'a jamais mis les pieds sur un traîneau, et que les chiens partent comme des dingues dans la descente... Mais heureusement tout se passe bien et on profite tout de suite de la beauté des paysage, et de la sérénité que procure ce moyen de locomotion naturel, silencieux, et finalement assez reposant.

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Cette première étape d'une quarantaine de kilomètres se déroule sous un grand soleil, et nous découvrons des paysages comme on ose à peine rêver : c'est vraiment le paradis blanc ! On y traverse un lac, on grimpe sur un plateau entre des montagnes superbes, on découvre tous ces paysages merveilleux. Elle nous emmène à un premier refuge (Skidbäcksbaracken), ou nous allons apprendre la routine qui nous attend à chaque étape.

Le protocole des nuits en refuge
Dès l'arrivée au refuge, la priorité est de détacher les chiens. Nous sortons des traîneaux un chaîne d'attache (stake out), équipée de petites liens pour attacher les chiens à espace régulier. Après avoir fixé cette stake entre 2 arbres assez espacés, il faut dés-harnacher chaque chien et les attacher à la ligne. Nous avons chacun 6 amis à quatre pattes, sauf François qui en a 8 : c'est donc 26 toutous qu'il faut déséquiper et préparer pour la nuit. Après avoir rangé les traîneaux, la priorité est d'allumer le poêle à bois, et mettre de l'eau à chauffer, pour préparer le repas des chiens ... et le nôtre ensuite.

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Les refuges sont d'une taille et d'un luxe inégal, mais toujours super bien fournis et on y trouve tout ce qu'il faut : des lits assez confortables, un ou plusieurs poêles à bois, une réserve de bois, un WC extérieur (latrines formées d'une cabane en bois au-dessus d'un grand trou). Dans le refuge, on trouve toujours un équipement de cuisine assez complet avec de la vaisselle propre.

Des seaux en inox permettent d'aller chercher l'eau au point d'eau qu'on trouve systématiquement à proximité. C'est en général une rivière partiellement dégelée, ou il faut faire attention de ne pas tomber. Ici c'est d'un pont de bois suspendu au moins 10m au-dessus de la rivière, qu'il faut jeter le seau attaché à une corde pour puiser l'eau tout là-bas loin sous nous, et remonter le seau plein.

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Le sciage et le fendage du bois font également partie des tâches à accomplir à chaque pause. L'abri bois contient toujours des longueurs de bouleau, l'essence principale de ces forêts, ainsi que des scies et des haches.Il y a toujours du bois près du poêle lorsqu'on arrive, et il faut en remettre au moins autant lorsqu'on repart. Tout le monde respecte les règles, et les refuges sont vraiment impeccables. On rêverait d'avoir ça dans nos montagnes...

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Dès que l'eau pour les chiens est chaude, François prépare une soupe à base de viande congelée, que l'on verse sur des croquettes pour préparer les 26 gamelles. On trimbale dans nos traîneaux des pains de 10 kg de viande congelées et des grands sacs de croquettes.
Lorsque nos toutounets sont nourris, on leur enfile à chacun un "manteau" pour la nuit, car il fait parfois jusqu'à -15° lorsque le ciel est dégagé, et certaines nuits il à neigé. François soigne bien sa meute...

Les chiens étant installés pour la nuit, c'est maintenant l'heure du repos pour nous. On peut se boire un thé avec quelques gâteaux et chocolats que Sylvie avait apporté. Ça fait du bien car le petit-déjeuner est bien loin, et sauf exception, on ne fait pas de pause repas dans la journée.

François prépare le repas, et c'est impressionnant. Depuis des années qu'il conduit des expéditions dans ces refuges, il a mis au point des recettes dignes d'un restaurant, qu'il exécute avec maestria, compte-tenu des conditions et du matériel disponible : soupes, viande de renne et d'élan, poissons des lacs, et même des desserts variés : crème catalane, flan au chocolat, etc.
J'avais amené quelques fromages qu'on ne trouve pas là-bas : tome des Bauges, reblochon et persillé de Tignes. François a apprécié. Il avait même prévu le cubi de vin rouge, donc les repas étaient assez gastonomiques.Et on terminait même par un petit coup de liqueur de verveine que je fais moi-même, et dont j'avais apporté un échantillon !

Après une bonne nuit de sommeil, c'est également tous les matins une chorégraphie inverse qu'il faut accomplir : feu, repas des chiens, puis solide petit-déjeuner (ça doit tenir jusqu'au soir !). On ne peut pas emporter de gourde, car l'eau gèle! On prépare donc chacun un thermos de thé pour la journée. Après un ménage soigneux du refuge, c'est rangement des gilets, harnachement de nos attelages, et GO !!

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Les jours se suivent, et ne se ressemblent pas
La météo idyllique des premiers jours ne durera pas toute la semaine, et finalement tant mieux. On a ainsi pu pratiquer le traîneau dans des conditions variées, et connaitre tous les types de neige.

Après une prise de contact dans des conditions idéales le premier jour, la deuxième étape est dans mon souvenir la plus belle : pour rejoindre le deuxième refuge, nous contournons une montagne par des cols assez élevés, ce qui nous emmène jusque sur la frontière avec la Norvège, avant de redescendre vers notre deuxième point de chute : le refuge de Delavardo.

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De là, le lendemain, nous repartons vers le nord, sous un ciel plus chargé. Les conditions changent progressivement et nous avons un peu de grisaille, mais rien de méchant. Notre équipement "grand froid" permet de supporter tout type de temps : veste et pantalon de ski par-dessus des couches chaudes, gros gants ou moufles, bonnet, lunettes de soleil ou masque de ski lorsqu'il neige ou qu'il fait très froid. Aux pieds, 2 paires de chaussettes, et les bottes de musher prêtées par François, qui font merveille : étanches, super isolées, et très confortables. Bien qu'étant très sensible des pieds, je n'ai jamais eu froid.

Dans cette étape, nous sommes sortis de la réserve naturelle de Vindelfjällen, et passés dans le comté de Norrbotten, jusqu'au refuge de Laisstugan, au bord de la rivière Laïsalven. L'eau est donc juste à côté, mais il faut faire très attention pour prendre l'eau dans l'ouverture car le pont de neige sur lequel on est en appui peut s'effondrer, et si on tombe dans l'eau glacée, on ne doit pas survivre très longtemps !

Tempête et accalmies
Après encore un bon repas, et une bonne nuit bien au chaud, il faut repartir et la météo a encore changé : le vent est assez fort, averses de neige et éclaircies se succèdent. C'est notre plus grosse étape : 80 km au lieu des 40 à 50 habituels. Mais le début est facile : on descend la rivière sur près de 40 km, avant de bifurquer en direction d'Ammarnäs et ensuite de remonter vers le nord-ouest pour trouver un nouveau refuge : Rävfalletstugan. Certaines montées étaient particulièrement éprouvantes, avec un vent souvent très violent et parfois des tempêtes de neige. Puis dans la descente qui nous amenait vers la fin du parcours, le grand soleil retrouvé et la griserie de la vitesse m'ont vraiment procuré une sensation d'euphorie comme on peut ressentir sur un ultra.
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On arrive vers 17:30 au refuge. Il est assez grand, et on y trouve 2 skieurs au matériel ancien, digne d'un musée, qui sont déjà déjà installés. Comme toujours, les soins des toutous représente une bonne part de notre temps de pause. Ils l'ont bien mérité, après les 80 km parcourus, avec une météo très rude. Dans les étapes difficiles, ils ont droit lors d'une pause à un "snack" : Une grosse boulette de viande congelée qu'ils dévorent avec avidité.

Près de la rivière ou l'on puise l'eau (la Vindelälven, qui a donné son nom à la réserve) , une centaine de mètres en contrebas, un sauna traditionnel au feu de bois en excellent état est disponible. Les skieurs l'ont allumés, et on y passe tous. C'est excellent ! Après 4 jours sans se laver, un sauna brûlant suivi d'un rinçage à l'eau chaude récupérée dans le réservoir qui surplombe le poêle, quel pied !

L'avant-dernière étape nous ramène au petit refuge, plus rustique ou nous avons passé la première nuit. Dans la neige profonde et lourde, les chiens font des efforts incroyables, pour tracter les traîneaux. Surtout ceux de François, qui fait la première trace devant.
Puis, c'est le retour, au cours duquel on verra enfin un troupeau de rennes. Un sami en motoneige arrive en trombe d'on ne sait ou, et nous demande de changer de direction ! Pas possible, donc il nous demande d'être très vigilant car il y a 2000 bêtes quelque-part entre ici et Ammarnäs. Et effectivement, un peu plus bas, nous passons près d'un troupeau qui cherche du ravitaillement dans les bois.

Dur retour à la vie "normale"
Revenus à la base, on retrouve le confort, on fait un peu de tourisme, et surtout on doit laisser "nos" chiens, ces braves toutous qui nous ont "trainés" (au sens propre) pendant 6 jours, et auxquels on s'est forcément attachés. Pour François, c'est la fin de la saison, et on croise à l'aéroport Laurence, qui arrive pour l'aider à rapatrier touts sa meute et son matériel.
Les premiers jours au bureau sont évidemment difficiles, une partie de notre esprit est toujours là-haut dans les paysages enneigés...

Vivement la prochaine fois !

Pièces jointes:

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