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GRR: dernière ligne droite, derniers conseils!

Publié par Expert Grand Raid dans le blog Expert Grand Raid. Nombre de vue: 2620

Allez, la dernière ligne droite arrive.

Cela fait des mois, voire des années que vous pensez Grand Raid, réfléchissez Grand Raid, vivez Grand Raid : vous vous êtes préparé pour cet objectif … un peu Fou, mais oh combien extraordinaire.

Votre corps est prêt : il est physiquement apte à aller crapahuter dans cette belle montagne avec ses sublimes paysages, son ambiance survoltée tant de la part des bénévoles que de l’île de La Réunion et de sa population tout entière.

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Car c’est TOUTE la population qui vous soutiendra et vous encouragera dans cette quête du Graal : le stade de La Redoute !

Et c’est cet état d’esprit qui va vous remotiver au cas où vous seriez au creux de la vague.

Car si le corps est prêt l’esprit doit l’être aussi. Et un esprit fort permet de décupler les capacités physiques !

J’ai coutume d’entendre qu’un Ultra-Trail c’est 50% les jambes, 50% la tête.

A l’image de ce philosophe sportif participant d’un ultra-trail qui ordonne à son corps physiquement épuisé « Si tu m’aimes, suis-moi !» : et il est arrivé au bout de son défi en allant puiser des forces dans des réserves insoupçonnées.

Oui, quand je me vois qu’en 2010, sur le final de ce Grand Raid en pleine euphorie, dévalant la dernière partie tant redoutée de la descente du Colorado (5,5km et environ 600m dénivelé négatif) en « volant » et doublant de nombreux conçurent(e)s, je me dis que je devais être à 100% de mental positif.

Lorsque je déclarai triomphalement au toubib qui m’avait strappé le pied (pour tendinite du releveur du pied, souci classique au bout de plus de 100 km), que j’avais fait cette course dans de superbes conditions (physique, mental, ambiance et météo) : il m’a simplement rappelé que j’avais tout de même terminé ce Grand Raid avec 6 tendinites !!!.... bizarre : j’avais oublié… au final il n’y a que les bons souvenirs qui restent !

Preuve que le mental était au top !

Alors voici quelques petits « trucs » pour vous aider.

- TOUJOURS POSITIVER !

- Dites vous que si ça ne va pas à un moment donné : ce n’est qu’un mauvais cap à passer et que ça va revenir.

- Mangez : si le corps n’en peut plus c’est peut-être à cause d’un manque de sucre. Lâchez-vous sur les soupes aux pâtes : ça réhydrate et apporte de l’énergie longue durée.

- Dites vous que même si le rythme est lent chaque pas vous rapproche de l’arrivée et du coup ce sera toujours un pas de moins qui restera à faire !

- Pensez à votre famille, votre entourage : tous ceux qui croient en vous et qui vous attendent au prochain ravito et à l’arrivée,

Capture.PNG

- Pensez à toutes ces entrainements, toutes ces reconnaissances, bref à tous ces sacrifices auxquels vous avez consenti pour réaliser cet exploit : vous n’allez pas baisser les bras sur un petit coup de moins bien ! Comme je l’ai dit plus haut : si ça va pas bien maintenant : ça ira mieux bientôt !

- Visualisez vous en train de franchir la ligne d’arrivée la « banane » aux lèvres et les bras levés au ciel,

- Discutez avec d’autres coureurs : ça fait passer le temps, ça fait avancer, et puis ça change les idées et fait faire des connaissances,

- Si vous aimez écouter de la musique : faites vous une playlist qui va vous motivera et vous donnera des ailes,

- Préparez vous un plan de route RÉALISTE avec les temps possibles de passage aux différents postes. Listez dans votre tête tout ce que vous aurez à faire aux différents points de ravito (changement de tenue, crème anti frottements, ranger ou sortir la frontale) : plein de choses à penser qui vous ferons mieux gérer ces arrêts indispensables et éviter d’y perdre trop de temps.

- Attention au pseudo soutien des amis ou de la famille : ils ne doivent pas être envahissants (et vous retarder dans votre timing) et négatifs dans le style : « t’es sûr que t’as pas mal ? t’es en retard sur ton timing, ça fait 2 heures qu’on t’attend !... » et pire vous faire oublier l’essentiel (oublier de vous alimenter, de remplir votre poche à eau, de vous étirer, de vous reposer…).

- Visualisez la course par petits objectifs : le but à atteindre étant dans un premier temps le prochain ravito à tant de temps ou de kilomètres. En gros : il faut « découper » la course en multiples petites courses.

Concernant mon expérience personnelle : ma gestion du stress est un gros soucis… je pense savoir donner de bons conseils aux autres, et essayer de me les appliquer… mais ce n’est pas toujours simple à gérer lorsqu’il s’agit de moi.

Je dirais presque que c’était facile à La Réunion… car je connaissais par cœur chaque portion, chaque étape, chaque caillou… du fait d’y avoir vécu les 8 ans précédents la course… et d’en avoir rêvé pendant 8ans (durée qu’il m’a fallu pour murir en Trail et m’y préparer), d’y avoir arpenté les sentiers dans tous les sens et d’y avoir fait de nombreuses reconnaissances. Mais tous le monde n’a pas cette chance (sauf les Réunionnais(e)s).

Le sommeil : le Grand Raid partant à minuit de St Philippe en 2010, j’ai fait une bonne sieste (dans les 2 heures) en début d’après-midi en m’aidant un peu avec un anxiolytique pour sombrer plus facilement dans les bras de Morphée.

Si dormir en plein après-midi vous paraît impossible, demandez à votre médecin si il peut vous conseiller un remède pour vous détendre, mais surtout, testez votre « méthode » avant le jour J : pas question de prendre quoi que ce soit si vous ne savez pas comment va réagir votre corps : imaginez que vous dormiez 6 heures ou plus et arriviez en retard au départ... Ou voire ratiez le départ !!!!

Donc, et comme tout le reste (tenue, alimentation, sac...) : il faut tester avant, pas la veille mais au moins 15 jours avant.

Mon souci à moi est la difficulté à m’endormir.

Problème que j’ai partiellement réglé soit avec un anxiolytique soit, plus naturel : avec de l’homéopathie : Pulsatilla 15ch : 5 granules au coucher, ou éventuellement : 1 goutte d’huile essentielle de Camomille Romaine à respirer profondément sur le flacon et /ou 1 goutte sur la langue.

NB : Pulsatilla me convient, mais tout traitement homéopathique est personnel, et peut-être que ce n’est pas Pulsatilla qui vous conviendra mais autre chose (Aconit ? Ignatia amara ? Gelsenium ? Coffea Cruda ?...) : ça dépend de votre tempérament et je vous conseille de consulter un homéopathe pour vous aider à trouver le bon traitement.

Mon deuxième souci, ce sont les troubles digestifs liés au stress : même avec des pâtes la veille et en évitant le lait le matin, j’ai des selles molles… voire diarrhées le matin de la course !!!! Impensable pour moi qui suit d’un naturel « constipée ».

Il y a plusieurs méthode que j’ai essayées… mais, même si je n’ai plus de soucis en course : le matin, c’est toujours le TGV !!!

- Argentum Nitricum 15ch : 5 granules au lever et 5 granules 1 heure avant la course

ou

- Smecta ; 1 sachet après le petit déjeuner, +/_ 1 sachet la veille au coucher pour ceux qui en ont besoin

et/ou :

- Imodium : 1 ou 2 gélule le matin : là, ça bloque complément le transit…. Mais si la course est longue et que vous n’êtes pas allé à la selle la veille, c’est risqué car les vibrations dues à la course vont irrémédiablement faire fonctionner votre tube digestif…. A utiliser à vos risques et périls.

Il y a multiples autres méthodes mentales que je n’ai pas toutes testé mais qui peuvent être fort utile:

- la relaxation,

- la sophrologie,

- l’hypnose,

- la visualisation positive : seule que j’ai essayée et c’est assez simple : au repos, allongé au calme, vous vous imaginez sur votre course, vous êtes bien, vous avez de bonnes sensations, vous êtes heureux(es) d’êtres là, tout va bien, vous êtes « zen ». Entraînez vous régulièrement à cette visualisation positive.

Une fois en course ; utilisez ces images et remémorez vous ces instants de détente et de concentration, vous vous remettez alors dans le même état d’esprit.

Et dites vous que les effets du stress n’ont pas que des répercussions négatives (palpitations, mauvais sommeil, accélération du transit...).

Car lors d’un épisode de stress : différentes hormones sont secrétées par le cerveau, et notamment l’adrénaline et le cortisol qui entraînent une diminution de l’envie de dormir, de manger, de la perception de la douleur, une musculature mieux irriguée, une augmentation des performances du système cardio-vasculaire.

Voilà, c’était mon dernier article avant le jour J.

Bonne chance à tous et toutes et surtout bonne course et bon voyage dans cette magnifique île … qui me laisse parfois nostalgique de l’avoir quittée … mais… Ça y est, je sens les larmes qui montent aux yeux à y repenser et à repenser à tout ce que j’ai pu y vivre d’extraordinaire là-bas…. Si loin et si proche de la France.

Mais qu’est ce qui est de si magique au Grand Raid de La Réunion pour susciter encore tant d’émotion à chaque fois que j’y pense ?

Allez-y… vous comprendrez par vous même …..
Et puis quelques jours avant la course : je vous livrerai en intégralité mon récit complet de cette magnifique course .. pour vous mettre encore plus l’eau à la bouche.


En pièce jointe : mon « plan » de route pour la Trail de Bourbon 2011 (n’ayant pas retrouvé celui du Grand Raid).

Capture.PNG

Et voici les temps réalisés: Karine mettre 20 heures 30 au lieu des 22 heures prévues.

trail bourbon.jpg

Voici le classement, Karine finira à la 10ème position du Trail du Bourbon!

classementTB.PNG

9655947 [800x600].jpg
  • Cyril V. (FRA 073)
  • ERIC F. (REU 97429)
  • Luc B. (FRA 013)
  • Joel A. (FRA 038)
  • Nicolas P. (FRA 088) #3
  • Florence R. (FRA 071)
  • Jean-michel P. (FRA 015)
  • Anthony L. (FRA 008)
  • Sylvain H. (FRA 027)
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