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Marathon du Vulcain 2016

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1834



La vie est-elle difficile ?

Probablement. Certainement. Et pourtant.

Et pourtant, je rêve que les gens réalisent à quel point le bonheur est à portée de main. Il est d’une simplicité désarmante. Il se niche dans notre quotidien et ne demande qu’à apparaitre à ceux qui sont ouverts à sa présence.

Alors oui je sais, je suis un éternel optimiste, un positiviste acharné, un béat forcené, d’une naïveté confondante diront certains mais je préfère encore ça plutôt que de rejoindre la cohorte des cyniques et des râleurs. Je sais aussi que je suis un privilégié donc que celles et ceux qui sont dans la vraie difficulté et la souffrance me pardonnent cette analyse subjective forcément biaisée.

Chacun doit trouver en soi ce qui le fait vibrer et s’y accrocher de toutes ses forces. Cela peut prendre différentes formes. L’une d’entre elles peut se résumer ainsi : la découverte d’un nouvel horizon, de la neige à foison, un corps au diapason, des bons compagnons, de la boisson et des éclats de rire jusqu’au plafond.

C’est donc en Auvergne, à Volvic précisément, que cette recette a été concoctée. La préparation de cette balade de 46km fût agrémentée d’une randonnée enneigée, la veille, au sommet du Puy de Dôme. Moment fort réjouissant. Le WE est déjà réussi, fermez le ban.


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Autant dire que je ne suis pas stressé en cette veille d’effort, je vais dormir comme un bébé. Je maitrise dorénavant plutôt bien la composante physique qui ne me pose plus aucune inquiétude sur cette distance. Je cherche juste à améliorer la compréhension de ma pratique pour maximiser le plaisir qu’il y a à prendre. Pour cela je rêve d’une course maintenue le plus longtemps en pleine conscience, dans l’instant présent. J’ai beau ne pas vouloir m’attacher au résultat, j’ai été tellement formaté par cela que c’est dur d’en sortir. Il suffit de voir du monde revenir de l’arrière ou un concurrent au loin devant pour commencer à faire des calculs d’apothicaire et d’oublier où l’on se trouve. Et le dialogue interne cesse rarement « Comment je me sens ? J’ai mal où ? Je suis nul, je n’avance pas. Qu’est-ce que je mange ce soir ? Je suis fatigué. Vraiment pas à la hauteur aujourd’hui. Vivement d’être posé en buvant un coup ».


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Ma motivation première en ce jour est donc là. Être concentré pour laisser filer toutes pensées d’épicier lorsqu’elles se présentent. Aujourd’hui seuls les volcans, la forêt enneigée et les bénévoles méritent ma pleine attention. Je me retire à l’intérieur de moi-même et je n’en sors plus tant que la ligne n’est pas franchie. Cette farouche détermination ne va pas me quitter pendant ces quelques 4 heures d’un bel effort. La maitrise est telle qu’à l’exception de quelques montées à même la pente, mes jambes se seront faites totalement oublier. Je ne les sens pas, je suis la légèreté incarnée. Cette impression de flottement est un pur bonheur.


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Les paysages traversés, les panoramas gravés dans la mémoire font de cette matinée, une de celles qui comptent. Le soleil et les averses de neige jouent à cache-cache. Seul dans la forêt profonde avec pour seul bruit, le crissement de mes pieds sur la neige fraiche, j’avance, je peine, je souffle, je vole, je suis en vie et je ris.

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A aucun moment, je ne souhaite être ailleurs qu’ici-bas. Pas de lassitude, de baisse physique. L’énergie est là, circule librement. Il ne sert plus à rien de suivre les rubalises, juste les traces de pas laissées dans la neige par mes compagnons de balade.

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Ces périodes de solitude sont seulement interrompues par le sourire des bénévoles qui bravent le mauvais temps pour nous garantir des conditions idéales de déplacement.


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Parfois je voudrais m’arrêter, vous parler mais le mouvement est enclenché et ne prendra fin qu’à l’arrivée. Alors veuillez m’excuser, un petit mot, un sourire devront suffire car vite je retourne dans les bois pour voir si le loup n’y est pas.


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Le résultat final pourrait me laisser penser qu’avec un peu plus de hargne, il y avait moyen d’aller chercher autre chose mais d’une part je n’aime pas refaire le match et d’autre part, je crois que je n’ai plus en moi cette rage qui a pu me pousser à aller batailler pour chercher la reconnaissance de mes pairs. La mutation s’amorce. Je sens que mon esprit est en train de basculer en mode ultra. Se préserver pour aller loin et découvrir de nouvelles sensations. Et continuer à tout simplifier. Le matériel, l’approche, l’alimentation. Éliminer le superflu et garder la substantifique moelle de la pratique.

Le 18 mars ce sont 80km et une arrivée au 1ère étage de la Tour Eiffel qui vont me permettre de mettre mon esprit à l’épreuve pendant au moins 7h.

L’aventure continue.
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