1. Ce site utilise des "témoins de connexion" (cookies) conformes aux textes de l'Union Européenne. Continuer à naviguer sur nos pages vaut acceptation de notre règlement en la matière. En savoir plus.

Sur la TDS, 28 août 2013

Publié par Célia F. (FRA 077) dans le blog Célia F. (FRA 077). Nombre de vue: 1433

Le 28 août j’ai pris le départ de la Trace des Ducs de Savoie, 119km et 7200D+ au départ de Courmayeur pour rejoindre Chamonix en passant par la partie du Sud du massif du Mont-Blanc et une petite partie du magnifique massif du Beaufortain.
C’est une épreuve magnifique, mais de loin la plus dure à laquelle j’ai participé, avec des chemins souvent techniques (descente du passeur de Pralognan, pierrier de nuit après le col de la Sauce...). J’ai eu de gros passages à vide, liés à des problèmes d’estomac, avec cette sensation très étrange d’un cerveau parfois à l’arrêt qui m’a fait errer comme un zombie au ravito des Contamines… Je suis peut-être partie trop vite. Et je n’ai pas pris le recul nécessaire pour faire face efficacement aux coups de mou, ralentir, prendre le temps de se ravitailler correctement… Ce qui m’a valu de terminer la course au coca et à l’eau gazeuse. Malgré tout, je me suis globalement vraiment fait plaisir et j’ai atteint mes objectifs, qui étaient de finir (premièrement) et si possible en moins de 30h. Finalement, je mettrai 28h28, en ayant perdu un temps fou sur les ravitos (pas loin de 2h30 – 3h en cumulé).

Le départ a donc été donné le mercredi 28 août à 7h. Tout était là : l’envie, le jus, les jambes, le soleil ! Bref, ça s’annonçait excellent. Et les 51 premiers km, jusqu’à Bourg-St-Maurice, furent un vrai rêve, une sensation géniale de profiter d’un grand moment, de paysages grandioses, d’être bien, dans le bon rythme.

De Courmayeur à Bourg-St-Maurice : un début de course comme j’en ai rarement fait

Je m’étais fixée un rythme d’environ 8-8.5 km/h sur le plat et 8-10m minutes en montée. Au départ de Courmayeur, je suis partie sur un rythme plutôt élevé, sur un faux plat descendant sur la route puis tout au long de la première montée jusqu’au col de Chécrouit et l’arrête du Mont Favre, sur une piste plutôt roulante au début, je regarde l’alti : entre 14 et 16mn…. Au lieu de ralentir, je persiste car je me sentais vraiment bien. Je passe le premier point d’eau sans m’arrêter et continue sur un bon rythme jusqu’à l’arrêt du Mont Favre, que je passe en 2h08. Dans la descente qui suit, j’avais décidé d’adopter la même stratégie que pour le GTS, rythme cool. J’arrive alors au ravito du lac de Combal à 9h40 (j’avais plutôt prévu 10h-10h20), un petit morceau de fromage, un bout de banane et c’est repartit 10’ plus tard pour la montée vers le col Chavannes. On longe le Mont Blanc de Courmayeur et les falaises plus qu’impressionnantes de ce versant. Je suis en avance sur mon planning, ce qui est plutôt rassurant, car je sais à partir de ce moment-là que je ne devrais pas avoir de problème avec les barrières horaires. Du coup, ça permet de faire une course beaucoup moins stressante et d’en profiter largement plus.

Le Val Verny est superbe et la montée se passe bien. Au col (3h57 de course), la vue est juste superbe mais ça souffle un peu, je rebascule donc direct dans la descente qui suit pour ne pas prendre froid, sur une large piste. Deuxième alerte non prise en compte, vitesse comprise entre 10 et 11 km/h… Mais comme tout est au vert, je ne ralentis pas. Je fais dans la descente une autre erreur, je me force à avaler une barre au goût et à la texture qui ne me convenaient pas (et oui, pourtant je le sais par cœur, on ne prend jamais en course des produits non testés auparavant). La descente se transforme après Porassey en chemin à vaches plutôt très boueux, avec des trous d’eau. Du coup le rythme s’en ressent un peu. Passé un pont sur une jolie rivière, on attaque la montée vers le Col du Petit St Bernard, qui marque la frontière entre l’Italie et la France (6h18 de course).
La montée vers le col est sympa, de jolis lacs, des paysages agréables et je maintiens le rythme, il n’y a pas à dire, les jambes sont là. Par contre, je commence à ressentir des difficultés à m’alimenter, ce qui à ce stade de la course n’est vraiment pas terrible (à peine 36km). Je me force cependant à avaler un gel ou barre par heure, me disant que ça passera. Dernière grimpette avant la frontière, puis ça bascule pour une longue descente jusqu’à Bourg St Maurice. C’est certainement celle qui a fait le plus chauffer mes genoux. La pente est parfois bien raide, glissante dans les bois. J’assure au maximum pour éviter de me blesser.

Arrivée à Bourg St Maurice (8h30 de course), je suis en avance sur mon plan de marche, il est 15h30, je m’attendais à y être vers 17h. Là, je retrouve Steeve (qui était venu m’encourager au col du St Bernard), car c’est un point d’assistance autorisé. Changement de chaussettes, soin des pieds, changement de chaussures, je mets mes raidlight en prévision des difficultés à venir, après être partie avec les Brooks, car plus souple sur les parties plus roulantes du début. J’avale une soupe aux vermicelles, deux trois autres trucs, et c’est repartit, 25mn plus tard quand même…

La montée de Pralognan

C’était le juge de paix de la course et la pire montée niveau gestion que je n’ai jamais faite. Près de 2000D+ en comptant les redescentes – remontées, jusqu’au passeur de Pralognan. Heureusement, on en avait reconnu une partie (en descente), en faisant début août notre tour du Beaufortain. Mais j’ai juste fait n’importe quoi. Connaissant la longueur, à minima 3h30, voir jusqu’à 4h30 en fonction de l’état de forme, j’ai pris les pas d’un groupe d’espagnols pour ne pas tomber dans un faux rythme. Bilan : encore entre 13 et 16m à la minute… Sur une telle distance, après plus de 50km, j’étais au-dessus de mes pompes… Au tiers de la montée j’ai explosé. Je me suis posée 2mn pour récupérer, mais je suis encore repartie sur le même rythme. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais incapable de monter à un rythme plus faible, mais incapable aussi de le tenir bien longtemps. Du coup, je me suis arrêtée un nombre de fois incalculable. De plus, je commençais à me sentir malade, incapable d’avaler, et surtout, envie de vomir.

Je me suis traînée jusqu’au fort de de la Platte, où des bénévoles tenaient un point d’eau et nous ont conseillé de nous couvrir. L’heure commençait à tourner, le soir à se rapprocher, le vent à se lever ! Petite pause bienvenue pour rajouter sur mon ¾ un collant long et sortir la veste. A ce moment, mon objectif était simple. A la base, je pensais passer la descente après le passeur de nuit, avec mon avance du début de course et ce qu’il restait à parcourir jusqu’en haut, descendre de jour était jouable. Vu la technicité du chemin, que l’on avait fait en montée en reco, inutile de dire que j’y ai retrouvé une certaine motivation.

Donc hop, c’est repartit pour encore 700D+ et 3km avant le passeur de Pralognan ! J’ai pris les pas d’une autre coureuse, un peu moins rapide, ce qui était plutôt salvateur. Arrivé au col de la Forclaz, je connaissais le chemin pour avoir bivouaqué un peu plus haut sur les lacs. A trois, on a grimpé à un rythme régulier, avant que je ne repasse devant dans un passage un peu technique que je savais pas trop loin du col. Mais pas si proche non plus ! Je discute avec mon autre compagnon de route, qui repasse devant à ma demande car j’étais vraiment dans le dur. Je suis ses pas et là, au bout d’un temps que je ne suis plus capable de mesurer, des bénévoles, une tente, en plein brouillard qui s’est levé, au crépuscule, il est de ces moments où la joie d’atteindre un point est indescriptible : « le passeur, à partir de là nos chances d’être finisher sont décuplées » lance mon prédécesseur !

Au total, 4h30 de montée et arrivée en haut à 19h57.

La descente du passeur de jour, heureusement !

A plusieurs, devant ce qui est le passage le plus compliqué de la course, nous nous félicitons de passer de jour et nous demandons comment ceux qui nous suivent vont faire pour aborder la descente de nuit… Nos phrases seront même reprises par l’équipe Petzl ;-) (http://www.petzl.com/fr/outdoor/news/sur-terrain/2013/08/29/tds-2013-resultats-en-images). L’organisation a équipé la descente de corde, ce qui est plutôt malin, mais ne nous a pas évité de nombreuses glissades. Une fois sortie de cette première partie, le chemin se fait plus roulant mais vraiment piégeur : trou du bétail, pierre qui roule, pente forte, … Mais que c’est beau ! La nuit qui tombe sur le massif, la montagne dans ce qu’elle a de plus sauvage. On finit par arriver au ruisseau, passer le pont et rejoindre la piste qui mène au Cormet de Roselend (km 87). Steeve était là pour m’encourager. Je repars en courant pour atteindre le ravito du Cormet juste avant d’avoir besoin de sortir la frontale. C’était limite, il est 21h01 ! 1 heure de descente.

La nuit

Là, je mange avec un coureur dont je ne me souviens plus du nom. On s’aide en allant chercher à tour de rôle de quoi manger. Je ne suis plus capable d’avaler mon ravitaillement de course depuis déjà plusieurs heures et ne peux plus avaler que la soupe aux vermicelles de l’orga, du pain et un peu de fromage et des tucs, mais en très faible quantité. Je prends le temps de manger, car je sais que je n’avalerai plus rien à partir de là. J’ai dû rester au moins ¾ d’heure au Cormet, le temps de manger… Mais sans ça, je ne finissais pas. Je me dépêche quand même de finir ma soupe, car je commençais à me refroidir sérieusement, pour repartir, frontale sortie et dans le brouillard pour la montée du col de la Sauce. Je croise Patrick et un autre coureur avec qui je vais faire un long bout de chemin, et que je vais recroiser de nombreuses fois jusqu’à l’arrivée.

Alors que le plus dur était fait, j’aurai dû être optimiste, d’autant plus que j’étais franchement large niveau délai. Mais je suis entrée dans une spirale négative indescriptible, heureusement avec des hauts et des bas. Envie de vomir, impossible de me sortir cette idée de la tête… Pourtant je n’avais pas mal aux jambes du tout et je n’étais pas non plus spécialement fatiguée. J’ai réellement buggué, impossible de penser à autre chose. Chaque pas me pesait et me retournait l’estomac. Pourtant, on avançait toujours correctement. Malgré la nuit et des passages pas toujours évidents. Je tiens à souligner la qualité du balisage, car à part une petite hésitation à la sortie du ravito (à cause du brouillard), c’était nickel. Je ne ferai pas le détail du chemin parcouru. Ça montait, ça descendait, on longeait des falaises, des ravins (qui ont fait peur à un anglais, qui nous en a reparlé autour d’une bière le lendemain midi), passage de pierriers, montées et descentes parfois sèches, passage du col de la Gîte. Un tunnel pour moi dans l’ensemble. Même si, parfois, comme les jambes étaient là, je passai la seconde et me faisais plaisir.

Car j’aime la nuit. Et en montagne ! C’est juste indescriptible. Surtout que l’on a eu une chance incroyable. Le ciel étoilé, la lune qui laissait apparaître les sommets, les crêtes, le balai des frontales … En fait, on voyait le paysage, ses masses sombres et si impressionnantes. Vraiment, je ne cesserai jamais de le dire, mais ces moments sont exceptionnels et malgré les faiblesses, la fatigue, on les vit à fond. Peut-être même encore plus, car les émotions sont encore plus grandes après tant d’efforts. L’ultra (quand il fait beau), c’est vraiment magique.

A noter, j’ai était handicapée par ma frontale. Soit j’étais plein phare et je vidais ma batterie en 2h, soit je voyais tout juste où je posais mes pieds. Les réglages n’étaient pas bons mais impossible de les modifier suite à une panne. Avançant dans un état plus que bizarre, du fait du manque d’alimentation, les km et le dénivelé continuaient néanmoins de passer. J’avais repéré sur la carte une partie qui s’annonçait pas évidente, dans un pierrier le long d’une arrête avant le Col Du Joly. En fait c’était plutôt sympa, même si il fallait faire attention, ce qui a failli me coûter l’arrêt de ma course ! Discutant avec un coureur belge, j’ai relâché mon attention, perdu l’équilibre et tombée en avant. Et là, pas de chance, un rocher qui dépassait est venu s’encastrer dans mes côtes. Souffle coupé, douleur vive… Mon équipier du moment m’a aidée à me relever et à m’assoir sur un rocher. J’ai pris 5 mn de pause, en profitant pour avaler quelques bouchées de pain au lait au jambon et fromage que je me trimbalais dans mon sac depuis le départ. Puis j’ai pris les pas d’un groupe qui arrivait et suis restée avec eux jusqu’au ravito. L’arrivée au col du Joly nous a paru bien longue, car il fallait passer derrière un éperon rocheux, en montant, puis serpenter sur un chemin super glissant, où l’erreur était plutôt à proscrire… Mais débouchant au col, une ambiance qui réveille ! Musique à fond, projecteur, le refuge était ce petit point tant recherché dans la nuit ! Il est 2h40, 19h40 de course.

Au ravito, des bénévoles exceptionnels, de quoi se rebooster avant d’amorcer la descente vers Notre-Dame-de la Gorge. Autre partie du parcours que je connaissais, j’ai fait attention en arrivant en bas, sur les dalles qui précèdent Notre-Dame.

La descente s’est moyennement passée, avec des passages où ça allait et d’autres catastrophiques. Toujours pareil, j’étais dans un état psychologique indescriptible. Incapable de réfléchir, tournant en boucle sur mes problèmes digestifs et me disant sans cesse que ne plus s’alimenter était catastrophique, que je n’allais pas finir… Je sais ce que je dois travailler pour la prochaine fois.

Une grande envie de lâcher mais se dire qu’il ne reste qu’une montée… Où le rôle d’un assistant qui passe une nuit sans dormir non plus

Arrivée aux Contamines à 5h24 en me traînant totalement, j’étais dans état lamentable. Je ne pouvais même plus avaler de soupe. Juste quelques tucs, et du coca et eau gazeuse. Je suis restée un temps infini, Steeve était là, j’ai donc pu changer de T-shirt pour repartir avec un sec. Il m’avouera plus tard avoir attendu avec la voiture dans des endroits où il pouvait rejoindre le parcours rapidement durant la nuit, car il pensait au Cormet que je ne finirais peut-être pas. Mais il m’a toujours remotivée, me disant qu’il ne restait plus qu’une montée, jouant parfaitement son difficile rôle d’assistant.

J’ai donc repris le chemin de la montée vers le Col du Tricot. Et là, il est de ces mystères que je ne saurai expliquer. La nuit se terminait, avec un petit groupe, dont deux italiens (l’un d’entre eux s’est payé cette jolie ballade pour ses 40 ans), une anglaise, Ellen, suédoise travaillant à Genève, et deux autres français, nous sommes restés ensemble toute la montée. Rigolant, papotant, nous extasiant, il n’y a pas d’autre mot, sur le lever de soleil sur le massif du Mt Blanc, les glaciers. Les mots me manquent… On a bien rigolé au début de la montée, hésitant sur le cap (pas sur le balisage, on cherchait à anticiper pour voir les difficultés), on s’est rassuré en se disant que quand même, on ne pouvait pas passer par une paroi verticale débouchant sur un glacier ! Bref, quel paysage ! Et au lever du soleil, que dire !!! Mais cette montée du col du Tricot ! Face à la pente, elle nous a impressionné ! Mais en petit groupe, on s’est soutenu, se relayant devant. Et au bout de 2h30 voici déjà le col ! Km 102, il est 8h00 ! Le moral est revenu, je fais abstraction de mon estomac me disant que de toute façon, à ce stade, je vais finir, tant pis pour les réserves !

La dernière descente et ça repart

La dernière descente débute, on passe une passerelle en bas du glacier, on repart vers Bellevue (passage à 9h13), puis la toute dernière partie de la descente, en sous-bois. Je me lâche, le jus revient, je m’éclate, j’aime ces descentes techniques ! Fin sur la route avant les Houches. Là on peste avec Patrick, « route de …. ». Dernier ravito, il est 10h15, encore des bénévoles adorables. Deux verres de coca. Je repars, me disant que les derniers km allaient être bien longs. Mais en fait je me remets à réfléchir, j’ai mon MP3, une playlist préparée aux petits oignons. Écouteurs vissés sur les oreilles, après être repartie environ 1 ou 2 km en marchant, je me remets à courir ! Je double Patrick et son ami et on se parle de pinte de bière fraîche à l’arrivée. J’enquille le chemin qui me sépare de Chamonix à un rythme très correct compte tenu de mon état. Je ne pense plus à rien, je ressens juste le plaisir de courir, d’arriver au bout ! Et quelle arrivée, je n’avais jamais connu une telle ambiance. On plaisantait avec Patrick dans la nuit, pourquoi se presser, arriver trop tôt on aura personne, autant arriver pour l’apéro. Et comme on s’est bien débrouillé, c’est ce qui nous est arrivé. Chamonix à 11h20 par beau temps au mois d’août, les rues, les terrasses, remplies de mondes. Et quelle ambiance ! Tout le monde nous applaudit, encourage, nous porte véritablement jusqu’à l’arrivée (bonne idée le nom sur les dossards) ! Les touristes japonais nous prennent en photo. C’est encore une fois indescriptible ! Quand on est coureur amateur, on ne vit pas ça tous les jours.

Et voilà, la ligne est franchie, il est 11h28 : 28h28 qui finalement seront passées si vite. J’ai vécu une course folle, avec ses hauts et ses longs bas. Ces moments d’euphorie et de détresse, de doute et de joie. Que d’enseignements mais surtout de questions aussi ! Gestion de course, de l’alimentation, du mental, j’aurai beaucoup appris. Et surtout, je pense avoir trouvé un mode d’entraînement qui me convient vraiment et malgré le fait d’habiter en plaine, je me sens de mieux en mieux en moyenne montagne et je passe le dénivelé de plus en plus facilement. Il me reste maintenant à travailler, entre autre évidemment, la diététique de course car déjà, me trotte de nouveaux objectifs dans la tête pour la saison prochaine.

Pièces jointes:

  • Erwan M. (FRA 092)
  • François D. (FRA 078)
  • Jean-Guillaume B. (FRA 092)
  • Maximilien P. (FRA 010)
  • Frederic B. (FRA 069)
  • Florence R. (FRA 071)
  • Hélène F. (FRA 005)
  • Stéphane P. (BEL 1325)
  • Célia F. (FRA 077)
  • Jerome B. (FRA 042)
  • Frédéric A. (FRA 006) #4
  • Frederique A. (FRA 044)
  • Joel A. (FRA 038)
  • Célia F. (FRA 077)
You need to be logged in to comment