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Sur le chemin de Compostelle - 3ème Jour

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1196


Samedi 12 juillet - Le Sauvage -> Nasbinals - 55km 986d+ 1103d-


Vous quitterez progressivement le plateau de la Margeride, pour celui de l’Aubrac. Après Aumont Aubrac, vous commencerez la longue et mythique traversée du plateau d’Aubrac. Vous traverserez des pâturages divisés par des murs de pierres sèches et occupés par des vaches de race Aubrac. Une étape inoubliable.

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Le réveil se fait en douceur et je me dirige vers le petit déjeuner avec un petit peu d’anxiété. Je ne dois pas être le seul car, c’est peut être juste une impression, mais je trouve la salle étonnamment calme. J’imagine que tout le monde a bien conscience de ce qui nous attend. Une étape magnifique certes, sur le plateau de l’Aubrac, mais 55km à avaler avant 53km le lendemain. Nous laissons partir la moitié du groupe et devons attendre 1h avant de nous élancer.

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De cette manière la gestion des ravitaillements est facilitée. Attente un peu difficile ma foi car nous sommes impatient d’en découdre et de faire défiler les kilomètres. Vient enfin le moment où c'est à notre tour de nous élancer sur le chemin.

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Le départ est finalement donné et le pied se rappelle déjà à moi au bout de 50 mètres. Viennent s’ajouter à ça de grosses courbatures dans les cuisses. Voilà une journée qui s’annonce charmante !

Les 13 premiers kilomètres se font en descente et je laisse donc la gravité faire son œuvre pour m’amener au 1er ravitaillement à Saint Alban-sur-Limagnole où, comme à mon habitude dorénavant, je refais le plein de liquide et de solide. La suite du parcours est très plaisante et je me réjouis à chaque fois que je reviens sur un de mes compagnons partis un peu plus tôt.

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C’est l’occasion d’échanger quelques mots, de s’assurer que tout va bien et de vérifier que personne ne s’est perdu en route.

Les sensations étant plutôt bonnes, j’essaie de garder un rythme correct pour arriver à bonne allure au ravitaillement de la pause déjeuner du kilomètre 28 à Aumont-Aubrac. Là comme un âne bâté, je vais faire la même erreur que la veille et m’enquiller une grosse assiette de lentilles qui va me rester sur l’estomac bien trop longtemps à mon goût.

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En repartant je suis en souffrance, je peine à courir et j’ai le souffle court. La digestion mobilise toute mon énergie.

De son côté la pluie a rendu le terrain un peu gras et rend plus difficile la vie de nos amis les bêtes.

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Quant à moi c’est seulement en arrivant au ravitaillement du kilomètre 39 aux Quatre Chemins que je commence à me sentir mieux. Ravitaillement pas encore en place car je suis arrivé un poil trop rapidement. Pas vraiment un souci car je rentre dans le troquet du coin pour refaire les niveaux d’eau. Aucun besoin de nourriture, je ne mangerai rien jusqu’à l’arrivée, les lentilles ayant squatté tout l’espace disponible dans mon estomac.

A partir du 40ème kilomètre débute le plateau de l’Aubrac. J’avais vu des photos, des images mais rien qui ne puisse rendre un tant soit peu hommage à la beauté des paysages. Les photos ne sont d’ailleurs pas à la hauteur de cet endroit enchanteur.

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En contemplant ces étendues immenses, j’ai un petit moment d’émotion. La fatigue est belle et bien là, une averse me tombe dessus mais rien ne peut venir gâcher ce petit moment de bonheur. Je savoure chaque instant mais je mentirais si je disais que je ne suis pas heureux d’arriver à Nasbinals, terme de cette copieuse étape. Claude, comme à chaque fois, est là pour m'accueillir.

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Je suis fourbu, courbaturé mais comblé. J’ai du mal à réaliser qu’il va falloir remettre ça le lendemain mais pour l'instant j'apprécie juste le simple fait d'être rentré à l'écurie. Certains de mes camarades auront passé une très longue journée sur le chemin mais à force de volonté et de ténacité, tous rentre à bon port. Très admiratif de chacun d'entre eux car il en faut du courage pour se lancer sur de telles distances quand on n’est pas forcément préparé pour ça.

De mon côté je n’ai pas le droit de dire que je fasse un effort énorme. Mon entrainement au quotidien et mes heures passées en montagne me permettent d’évoluer sur ces sentiers sans vraiment de difficulté si ce n'est de la fatigue accumulée. Mais je sais pertinemment que ça n’est pas le cas de tous.

Des jarrets de porc, du gratin dauphinois et un peu d'alcool sont nos armes secrètes pour retourner au combat dès le lendemain matin.

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