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Sur le chemin de Compostelle - Veille et Jour de départ

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1509


Dans le cadre de ma préparation pour Belle Ile (83km et 2000D+) le 20 septembre, je me suis planifié un bloc foncier aux petits oignons. J'ai décidé de me faire plaisir en assouvissant une envie que je porte en moi depuis longtemps. 5 jours sur le chemin de Compostelle pour rallier Le Puy-en-Velay à Conques soit 208km et près de 5000D+.

Malheureusement pour moi, c’est le moment qu’a choisi mon corps pour réaffirmer sa primauté et me rappeler à l'ordre. Je lui ai pourtant offert 5 jours de repos total après le trail de Guerlédan mais malgré ça il tenait à m’apprendre une nouvelle leçon. Cette fois-ci la thématique est le pied. J’ai donc eu la joie et le bonheur de découvrir une partie de mon anatomie que je ne connaissais pas vraiment et d'apprendre de nouveaux mots tel que aponévrosite plantaire aussi appelé communément fasciite plantaire. Cette contracture est apparue suite à l’utilisation de nouvelles chaussures et de séjours un peu plus fréquents sur la piste. N’étant pas familiarisé avec ce problème, je ne me suis pas tracassé plus que ça quand des petites douleurs sont apparues sur le talon et n’ai pas levé le pied.

Résultat la douleur s’est installée et est venue perturber mon quotidien. Une course a été rayée de mon calendrier et avant de me lancer sur le chemin, je ne peux pas nier que je sois inquiet. La gêne, voire la douleur parfois, est persistante à la marche et surtout je crains d’aggraver le problème. La veille de prendre le départ de ce périple, j’en suis encore à faire une radio du pied pour éliminer une suspicion d’épine calcanéenne (encore un nouveau mot tiens !). Cette hypothèse rayée de la carte, reste donc l’inflammation de l’insertion de l’aponévrose plantaire. Rien de bien rassurant quand même avant de se lancer sur le GR pour quelques petits kilomètres de balade. Mon médecin m’a prescrit des anti inflammatoires que je n’irai même pas chercher à la pharmacie après avoir lu les effets indésirables sur le net. Cette douleur est là pour une raison et je ne veux pas la masquer. Dans ma tête je déclare même forfait avant que mon ostéopathe ne me rassure un peu. A moi de m’écouter et de sentir si je peux aller au bout ou pas.

Je décide donc de partir et de prendre ce que je pourrais au jour le jour. Si je sens que la douleur s’aggrave, je ne prendrais pas de risques et passerais du statut de coureur à celui d’accompagnateur. Même si je ne cours pas, entre les échanges avec les pèlerins et la beauté des paysages, j’aurai suffisamment de quoi faire pour que ces 5 jours sur le chemin soit une belle tranche de vie.

Le mercredi je retrouve 2 membres du groupe à Cholet pour covoiturer. L’idée c’est de dormir à Clermont Ferrand pour avoir juste une petite étape à faire le jeudi matin, jour du début de notre aventure. Ces premiers échanges, déjà fort sympathiques, sont les prémisses d'une belle semaine. J'ai dans l'optique de faire de jolies rencontres mais aussi de passer un peu de temps en ma compagnie.


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Jeudi 10 juillet Le Puy-en-Velay -> St-Privat d’Allier (24km 635d+ 430d-)

En début d’après-midi, vos premières foulées s’effectueront en descendant les 134 marches de la cathédrale du Puy. Vous partirez à la découverte de la beauté des paysages des monts du Velay et atteindrez le joli village de Saint-Privat-d’Allier.

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Nous retrouvons les autres membres du groupe, à savoir 19 personnes plus nos deux gentils organisateurs, Claude et Jean François, au théâtre du Puy-en-Velay. Une petite collation nous y attend déjà et tout le monde se met tranquillement en tenue. Nous nous présentons les uns aux autres mais naturellement tout ça reste bien timide pour le moment, chacun restant un peu sur la réserve. Mais ça ne durera pas bien longtemps.

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En montant sous la pluie vers la cathédrale du Puy-en-Velay, mon pied se rappelle déjà à moi. Je sais donc que quelques moments difficiles m'attendent au coin du bois mais il en faudrait plus pour gâcher cet instant.

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Je pense à tous les pèlerins qui se sont tenus à notre place au fil des siècles et ça me touche. Au sortir de la cathédrale, la vue est magnifique et l'appel du chemin irrésistible. Km 0 plus que 1522 avant Compostelle et 208 pour nous avant Conques.


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Le départ se fait au petit trot, tous groupés mais la première montée a vite fait d’étirer la troupe. Je pars devant, pas dans l’idée de faire le malin, mais juste pour prendre un rythme qui me convienne et tester ma foulée. J’ai longtemps attendu ce moment et j’ai dû mal à croire qu’il soit déjà arrivé.

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Les kilomètres défilent vraiment rapidement et je suis très surpris d’arriver au premier ravitaillement situé au 9ème kilomètre. J’y reste quelques minutes à discuter avec nos deux GO. Deux camarades finissent par arriver donc je les laisse prendre le relais et reprends ma route solitaire. La douleur au pied est constante mais l’intensité n’augmentant pas, je commence à me détendre un peu. Je croise mes premiers pèlerins, les sourires sont sur tous les visages.


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Je sais déjà que j’arpenterai ce chemin à d’autres moments de mon existence mais il n’y aura qu’une première fois. Tous ces panoramas, ces hameaux et villages traversés sont autant de découvertes pour moi et malgré le crachin breton qui nous accompagne depuis le départ, je prends un pied pas possible.


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Le temps passe trop vite et voilà déjà l’arrivée à St Privat d’Allier, un village vraiment pittoresque. Emporté par mon enthousiasme, j’arrive même un peu avant Claude au bout de cette 1ère étape. Le gite est de première classe, c’est du grand luxe. Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais dormir dans une grange avec les vaches et le foin.

Après cette mise en jambe, passage obligé par le ravitaillement d’après course et sa traditionnelle bière. Chacun échange sur ses sensations du jour. La glace se brise et les premiers liens se créent. Le repas du soir est à la hauteur de l’établissement et je me couche heureux comme un pape, expression de bon aloi vous en conviendrez. Ceci est la première d’une très longue liste d’expression bateau, il va falloir vous y habituer. J'espère seulement que le réveil ne me voie pas boiter méchamment car maintenant que j’y ai pris goût, je tiens à vivre ce périple pleinement. Le plaisir est vraiment trop grand !
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