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Sur les traces de Stevenson - Jour 3

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 478



4h30, le corps se réveille.


« On y va ou bien ? J'suis chaud bouillant là !! ».

« Heu t'es mignon, j'apprécie ton enthousiasme mais on va quand même attendre que le jour se lève. »


2 mini tartines de pain, une banane, un biscuit et à 7h c'est parti. Le temps est automnal. Averses, vent, froid, j'adore. Ça grimpe d'entrée. Au sommet, éole dans le nez, pluie en rafale sur les côtés, le coupe vent peine à amortir le choc mais je me sens tellement vivant, bordel de merde. Je rattrape un randonneur, les lunettes embuées, aussi heureux et joyeux que moi. On est pas bien là ?

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La pause café m'offre le classique et indémodable sketch du sac à dos. Regard d'incompréhension. Comique de répétition.

« Mais il est où votre vrai sac ? ».

Je ne m'en lasse pas. Les peurs sont tellement grandes de manquer de ci ou de ça que la vue d'un sac aussi minimaliste déclenchent des réactions d'étonnement mais aussi d'amusement. Et puisque je suis passé par là, je les comprends aisément.

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Aujourd'hui c'est une belle étape de moyenne montagne pour grimpeur amateur. J'adore revenir sur des randonneurs. De dos on peut tout imaginer. Puis les regards se croisent, quelque chose se passe, un sourire et tout s'éclaire. Rencontres éphémères mais tout sauf inutiles, futiles. Le lien est ce qu'il y a de plus précieux chez l'humain. Sans ça on n'est rien.

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La montée en forêt me ravit. Les jambes répondent bien. Ça trottine aisément. Dans les sous bois, je suis chez moi. Des sapins coupés exhalent des odeurs enivrantes et me ramènent en enfance au moment de Noël. En descente je vais vite. De plus en plus vite. L'avion de chasse est de retour. Je déroule. La notion d'effort est minimaliste. Je suis dans la zone. Dieu que c'est bon.

12h15, km 32. Je suis au pied du morceau de choix de la journée. Le mont Finiels en passant par le Mont Lozère. 10Km pour monter de 1000 à 1700 mètres d'altitude puis autant pour descendre vers l'écurie. Le temps s'est dégagé. Profite gamin. J'évolue sur de la moquette, les mirettes explosées par tant de majesté. Quand je rentre, va falloir que je passe chez l'ophtalmo. Pas possible que ce soit aussi beau.


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Au sommet, le coupe vent est de sortie mais ajusté avec précaution sinon je ne le revoie pas. Il y a un vent à décorner les bœufs mais qui ne m'empêche pas de courir jusqu'en haut. Probablement dopé par le vin des moines. Puis j'inverse le mouvement et m'élance vers le bas. Vent dans le dos, je m'initie au parapente.

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La descente vertigineuse est un émerveillement. C'est technique, engagé mais ça répond bien alors je laisse filer et ne lutte pas contre la gravité. Les guibolles ne demandent que ça. Faites vous plaisir les filles. Les gamines s'en donnent à cœur joie. Et moi heureux comme un pape d'être aux premières loges pour assister au spectacle.

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Je regarde au loin, dessine une trace imaginaire idéale que je m'efforce de suivre précautionneusement. Je redeviens un enfant.

« On dirait qu'on est des chamois et qu'on descend à toute berzingue ? ».

Aucune faute de quart. Maîtrise totale. Sans faute parfait. Et même un petit bonus pour le style presque tout en légèreté et touché.

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La pente s'adoucit. Je me mets en roue libre pour finir à la cool. Je fais bien de garder du gaz car un dernier pierrier long et piégeux réclame toute mon attention. J'en récolte un « Hé mais c'est un chamois ! » offert par une randonneuse. Fierté d'être en accord avec qui je suis.

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Vers 15h, à Pont de Montvert, je mets un terme à cette balade non stop de 8h. Ma montre GPS a abandonné la partie mais ça sent un bon gros 52-53km des familles. Évidemment à l'arrivée j'ai les crocs. Prenez garde je vais dévorer un veau. Mais visiblement ils ont l'habitude car ils sont tous sous protection rapprochée. Dépité, je me rabats sur des fruits et du fromage. Faute de grives, on mange des merles.

Le gîte communal est bien garni et m'offre une nouvelle soirée d'échanges chaleureux. Le repos du guerrier est toujours un moment savoureux. Surtout quand il est partagé dans la convivialité. Séquence indispensable pour recharger les batteries et repartir bon pied bon œil le lendemain.
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