1. Ce site utilise des "témoins de connexion" (cookies) conformes aux textes de l'Union Européenne. Continuer à naviguer sur nos pages vaut acceptation de notre règlement en la matière. En savoir plus.

Tournées des Ducs 2015

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1553

Pour ceux qui me suivent un peu sur mon chemin personnel, il n'est pas nécessaire de refaire tout l’historique du périple. Pour les autres, je vais faire très simple. C’est, et vous m’excuserez pour l’anglicisme, « Run happy ». Mon crédo dorénavant, c’est de prendre le plus de plaisir possible, en donnant le meilleur de moi-même mais pas dans une logique de performance ou de résultat. Si cela doit arriver, ça n’est que du bonus. Dans cet optique, j’ai construit un calendrier qui doit me permettre de vivre des expériences uniques en participant à des courses magnifiques un peu partout en France. C’est aussi pourquoi, je fais le choix d’allonger les distances. Cela me permettra de me mettre dans ma bulle, d’être en pleine conscience, de mieux profiter encore des paysages, des bénévoles et des autres concurrents. Ces deux trois dernières années ont posé le socle me donnant la confiance nécessaire pour franchir cette nouvelle étape. Puisqu’il n’y a jamais plus bel endroit que sa maison, c’est à Angers que débute cette nouvelle aventure.

gal-3185810.jpg

La manifestation appelée « Tout Angers Bouge » va au-delà de la course à pied puisqu’elle permet à toutes les associations sportives de la ville de venir faire des démonstrations. C’est donc un WE dédié au sport et aux familles dont émane une énergie folle.

Étant angevin de souche, participer à la tournée des Ducs (38km) chez moi revêt une signification particulière. En m’inscrivant à cette course l’année dernière, j’étais encore dans une logique de performance. Je souhaitais «briller » sur mes terres, devant ma famille. Mon état d’esprit ayant changé récemment, je ne savais pas trop comment j’allais arriver à concilier ce détachement du résultat et cette envie de donner le meilleur de moi-même. Allais je réussir à pousser la machine sans la motivation d’aller plus vite que mes petits camarades ?

Ce qui était sûr en tout cas, c’est que la veille de course, j’étais très excité par le parcours que je découvris. Enfin une partie du parcours seulement devrais-je dire. Les organisateurs ont la bonne idée depuis deux ans de proposer un départ surprise changeant chaque année. Seuls les 20 derniers km étaient à peu près connu et ceux-là suffisaient déjà à me filer des frissons. En étudiant la trace, tant de souvenirs remontaient à ma mémoire. Nous allions passer là où j’ai vécu tant de beaux moments. 8km dans le parc de l’étang St Nicolas. Endroit au monde où j’ai dû imprimer le plus ma foulée. Je connais tous les cailloux que j’ai personnellement nommés. Et 8km en ville permettant de passer devant tous les hauts lieux de cette si belle ville.

gal-3185729.jpg

En attendant, pour un départ à 7h30, le RDV pour les navettes étaient fixé à 6h ce qui déclencha un réveil à 5h. Mais à cette époque de l’année ça n’est pas un sacerdoce de sortir du lit. Le jour commence déjà à se lever et les oiseaux à se réveiller. Prémisse d’une journée sans un nuage, l’été ayant décidé de sortir du bois avant l’heure.

11069695_364056313805386_7294277100442769831_n.jpg

C’est finalement du château du Plessis Macé, site majestueux si il en est, que nous allons nous élancer. Après le discours du maire d’Angers dans l’auditorium mis en place pour le festival d’Anjou, le peloton se dirige tranquillement vers l’arche de départ.

1465194_364056647138686_4891537434777422807_n.jpg

L’organisation ayant décidé de figer les 800 premiers mètres pour profiter du cadre, je ne m’affole pas, ne regarde pas l’heure et vais satisfaire une envie pressante. Je reviens sans me presser vers le départ, pris que je suis par la magie du lieu. J’arrive juste à l’arrière du peloton de 800 personnes environ quand le coup de feu est donné, oups !

C’est une première, je ne l’avais jamais faite celle-là. J’essaie de remonter sur les côtés mais pas facile quand dans la cour du château la place est limitée. Devant, même figé, ça avance. Je mets un coup de booste en courant quand c’est possible sur les bas-côtés. Je me fais chambrer par ceux qui me connaissent et au moment où la course est vraiment lancée, je n’ai pas réussi à faire la jonction avec la tête. Je suis une centaine de mètres derrière à la 5ème place. Pas bien grave, au moins je vais pouvoir gérer mon allure tranquillement. Je reconnais au loin deux des têtes d’affiche, Yohan Malard, le grand favori et Yohann Poirier avec qui je pensais lutter pour la 2ème place, bien que je le pense supérieur à moi avec un record au marathon à 2h34. Pour les deux autres, j’imagine que ce sont des coureurs faisant le relais (22+16), ce qui se confirmera plus tard.

L’avance avec la tête grandit, donc je ne regrette pas de ne pas être avec eux car visiblement ce rythme-là est trop élevé pour moi. Les 21 premiers kilomètres dans la campagne angevine sont en fait un semi-marathon avec pas mal de routes et des chemins très roulants. Seuls quelques passages dans des champs cassent un peu la monotonie. Ce semi-marathon solitaire me voit passer en 37’10’’ au 10km et en 1h19 au semi, tout près de mon record de 1h18h25’. Moi qui aime les bosses et le changement de rythme, ça me fait tout drôle mais je le vis bien car je sais qu’après ça va devenir beaucoup plus intéressant. En attendant, je fais mon petit truc en père peinard et je casse la graine avec une bonne barre aux fruits rouge Meltonic.

On m’avait annoncé Yohann Poirier deux minutes devant donc je suis surpris de le voir 100m devant moi juste avant le ravitaillement du 22ème km. Il a été mal aiguillonné par un bénévole et a perdu du temps. Ma pensée à cet instant-là : « merde, va falloir que j’aille le chercher ». J’étais pourtant bien à me balader à mon allure et voilà qu’il va falloir que je me fasse vraiment violence. Cela coïncide avec le moment où on rentre dans le parc de l’étang St Nicolas. L’excitation monte d’un cran, on va enfin s’amuser. Je prends donc un gel Meltonic pour me motiver à aller à la guerre. Mais cet état d’esprit ne va pas tenir. Yohann a remis un coup de jus et a de nouveau disparu à ma vue. Je retourne donc à mon état contemplatif qui ne rime quand même pas avec relâche. Les kilomètres défilent avec beaucoup de plaisir. On rentre dans un bâtiment où un DJ œuvre, on monte au 1e étage, on en ressort de l’autre côté et on retourne dans le parc.

Le balisage est un peu minimaliste et il faut être attentif. Tout d’un coup, j’entends un gars gueuler et râler derrière moi. C’est Yohann qui a raté un embranchement, il est colère ce que je peux comprendre. Je me retourne et lui dit de ne pas se tracasser, je l’attends en ralentissant un peu. Il revient à mon niveau, il a les boules. Pour moi aujourd’hui il était plus fort donc je lui dis que soit il repart, me décroche et c’est réglé, soit on finit ensemble et je ne ferais pas le sprint. Bon facile à ce moment-là de faire le grand seigneur vu qu’il reste 12km donc largement de quoi décanter la situation.

Personnellement tout va bien, les jambes tournent toutes seules et je suis content d’avoir un compagnon de route même si ça me sort de ma bulle contemplative. Les courses sont aussi un moyen de rencontrer d’autres passionnés donc j’en profite. La discussion est agréable mais je relâche mon attention et nous finissons par nous perdre. Heureusement connaissant la trace, nous nous remettons sur le parcours. Nous en sommes quitte pour un petit coup d’accélérateur supplémentaire.

Au 30ème km débute la boucle urbaine et après 2h sans public, ça fait chaud au cœur de retrouver la grande foule avec la famille. Notre rythme est toujours bon mais Yohann ayant un marathon 15 jours après et moi le tour de l’ile d’Yeu (45km) à la même date, nous décidons finalement de figer les positions sachant que devant nous ne reverrons plus Yohan Malard loin devant nous.

gal-3185800.jpg

La fin de parcours est compliquée par notre retour sur la course du 8km. Je pensais qu’ils seraient arrivés à ce moment-là mais visiblement nous sommes graves en avance sur les temps de passage que j’avais évalué la veille. Je finirais d’ailleurs trop chargé en eau mais Yohann un peu à sec aura la gentillesse de m’aider à diminuer le stock et à m’alléger.

Comme prévu, en ville c’est Memory Lane. Je traverse mon lycée, passe devant mon collège et autres lieux de mon enfance. La montée des marches de la Cathédrale, bien que douloureuse est toujours spéciale et ça n’est rien comparé à la traversée du château même si celle-ci se fait à l’arrêt parfois. Les marches ne sont pas larges et les coureurs du 8km très nombreux. Nous devons forcer un peu le passage.

gal-3185757.jpg

Sur le dernier kilomètre nous relançons à 16-17 km/h, la réserve d’énergie est encore là. Je finirais d’ailleurs sans mal aux jambes et sans courbatures significatives le lendemain, ce qui est encourageant pour la suite. En attendant, c’est l’arrivée qui se profile et comme prévu, je prends un petit mètre de retard pour ne pas créer de confusion. 2h26’42’’ pour 37km à 15,1 km/h de moyenne. Je ne regarde jamais ma montre en courant. Seules ma fréquence cardiaque et mes sensations me servent de repère donc c’est avec plaisir que je découvre cette moyenne qui me semble plus que correcte. Parti comme ça, ça me faisait un marathon en 2h47 maximum. Pas mal pour un garçon ayant un record à 2h59 !

Mais ça n’était pas important pour moi avant donc ça ne le sera pas après. Cette course aura surtout été une bénédiction et un vrai moment de bonheur. Je me suis prouvé que, même détaché de la performance et du résultat, je pouvais encore donner le meilleur de moi-même, tout en gardant des valeurs de convivialité et de partage qui me sont de plus en plus chères. Et ce fût l’occasion d’une belle rencontre avec deux champions que j’aurais grand plaisir à retrouver sur d’autres courses car ils sont bien dans l'esprit trail qui me plait tant.

podium_angers.jpg

Dans 15 jours donc, c’est le tour d’lle d’Yeu et ses 45km qui m’attendent. Et là je n’ai aucun doute que je vais me régaler. Je vais en prendre plein les yeux, respirer le bon air marin et pourquoi pas battre mon record officieux du marathon à cette occasion même si le parcours en tôle ondulée sur le sentier côtier et avec de longs passages sur le sable ne se prêtent pas vraiment à la performance. Mais ça serait un joli clin d’œil que cette marque soit établie à l’ile d’Yeu.

yeu(2).jpg

Et bien entendu avant cette belle échéance aura lieu le rassemblement Raidlight dans le cadre de l’Urban Trail Nantais. Un off de 22km, 3000 marches pour découvrir des endroits inédits de ma ville d’adoption que j’aime de plus en plus. Suivi, bien entendu, par un apéro barbecue avec tous ces passionnés qui s’annonce légendaire !

1888682_980639638634187_2947165741912633386_n.jpg
  • Guillaume L. (FRA 070)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Jean-françois B. (FRA 044)
  • Rémi C. (FRA 044)
  • Sébastien B. (FRA 065)
  • Raphael A. (FRA 010)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • David B. (FRA 035)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Yann L. (FRA 064)
  • David B. (FRA 035)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • David B. (FRA 035)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
You need to be logged in to comment