1. Ce site utilise des "témoins de connexion" (cookies) conformes aux textes de l'Union Européenne. Continuer à naviguer sur nos pages vaut acceptation de notre règlement en la matière. En savoir plus.

Trail de Guerlédan 2014

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 2279


Le Challenge Ouest Trail Tour continue de dérouler ses manches et l’heure est venue de prendre part à la 3ème. C’est une course mythique et emblématique de la Bretagne qui se présente à moi, à savoir le trail de Guerlédan et ses 58km et 1800D+. Cela fait des années que je veux la faire mais mon planning ne correspondait pas et de toute façon je ne pense que j’étais prêt. J’ai donc hâte de découvrir l’ambiance et me rendre compte par moi-même de ce qui fait l’attrait de cette course. Elle ne fait plus partie du Challenge Salomon mais elle a atteint un tel niveau de popularité qu’elle se suffit dorénavant à elle-même. Quoi qu’il arrive le plateau est toujours très relevé et ce sera donc l’occasion une fois de plus de se frotter à ce qui se fait de mieux en terre bretonne. Il faut dire le terrain de jeu est tellement extraordinaire qu’il attire tous les traileurs en quête d’un parcours technique, engagé et éblouissant.

La reconnaissance n’est pas habituelle chez moi car j’aime bien découvrir un territoire le jour J mais lors d’un rassemblement récent avec le Team Raidlight j'ai fait une entorse à ce précepte : http://team.fr.raidlight.com/blogs-article/les-3-jours-de-guerledan-du-team-raidlight.18748

Ce fût l’occasion de me rendre compte par moi-même de ce qui m’attendait et de profiter pleinement des paysages ce dont je n’aurais pas forcément le loisir le jour de la course. Je suis ressorti ravi de ce WE. J’ai bien conscience de la difficulté du parcours mais la préparation s’est très bien passée et mon envie est énorme de me faire plaisir. Au mois de mai j’ai cumulé près de 400 km en 23 sorties. Je sais donc que je ne manque pas de foncier. Si mon adducteur ne se manifeste pas comme lors de la reconnaissance je compte bien faire une course pleine.

Toujours dans notre démarche de progression empirique, coach David a décidé de tenter un nouveau protocole pré-course. Un dernier gros bloc d’entrainement de J-15 à J-9 (6 séances en 7 jours pour un total de 133 km en 9h30). Ensuite une coupure totale de 5 jours et pour finir des sorties les 3 jours précédents la course pour remettre la machine en route, 1h30 avec du rythme, 1h et 30’ avec des accélérations. La séance d’1h30 sera finalement avancée à J-4 car il me tardait de me remettre en route. 21km, rien de tel pour se sentir à nouveau coureur. Le reste de la reprise se passera bien donc tous les signaux sont au vert.

La reconnaissance du parcours m’a permis de tronçonner un peu le parcours. Jusqu’au 32ème ce sont les montagnes russes avec beaucoup d’enchainement de montées-descentes jusqu’au barrage et au ravitaillement de la base de loisirs. Ensuite viennent 10km relativement roulant mais avec toujours des coups de cul, suivi de 10km plus techniques dans la caillasse et des bosses plus sévères. Pour les 6 derniers kilomètres, à partir du 52ème donc, il faudra affronter 3 murs dont un terrible pour terminer. A Guerlédan le parcours est compliqué mais la tactique est relativement simple à mettre en place. Rester tranquille jusqu’au 32ème mais en étant suffisamment agressif pour ne pas se retrouver trop décroché. Mettre du rythme du 32ème au 42ème . Survivre du 42ème à l’écluse au 52ème. Là débrancher le cerveau et ne le remettre en route que dans la dernière descente où si tout va bien je pourrais lâcher ma petite larmichette habituelle. Le plan est en place, reste à l’appliquer petit scarabée !

C’est avec Ludo et Cyrille deux des ambassadeurs du Team 44 que nous partons le samedi en fin d’après-midi vers Saint Gelven. Nous allons arriver juste à temps pour récupérer nos dossards. François D’Haene, peut être actuellement le meilleur ultra traileur au monde (vainqueur de la Diagonale des Fous et du Mont Fuji) a installé un stand pour faire découvrir son vin. Même si c’est la veille de la course, je ne peux pas résister à goûter son Beaujolais Village. Le test est concluant et une caisse reviendra avec moi à Nantes. Comme je le pressentais ce garçon est une crème, un vrai bonheur de le rencontrer.


2014-Guerlédan(1).JPG

La soirée sera tranquille et la nuit courte car le sommeil ne viendra pas aisément mais ça ne me tracassera pas car c’est avant qu’il faut se reposer, la veille ça n’a plus d’importance. Levé à 6h de bonne heure et de très bonne humeur. Le temps va être magnifique, la température déjà clémente. Nous sommes 900 au départ et seuls 650 verront la ligne d’arrivée. François D’Haene ne participe pas à la course mais va nous accompagner quelques temps sur le parcours. Le départ est donné et je me mets dans sa foulée. Ça n’est pas tous les jours qu’on peut courir avec un tel athlète.


2014-Guerlédan(2).JPG

Nous rentrons tout de suite dans le vif du sujet avec une montée sèche de plus d’1km, au début sur la route et après sur les sentiers. Le peloton s’étire progressivement et je monte à ma main pour ne pas me mettre dans le rouge. Je m’attèle juste à ne pas être enfermé pour ne pas me faire bouchonner dès que nous allons entrer dans les singles techniques.

2014-Guerlédan(3).JPG

Maintenant que je connais les têtes d’affiches du coin je peux me situer par rapport à eux et savoir si je suis bien placé. Là je suis dans un groupe de 4-5 mené par Fred Cantin donc idéalement placé. Nous sommes autour de la 20ème place et le rythme me convient très bien. Pour se mettre en route c’est idéal. Je suis talonné par Mevenig mon camarade du Team Sobhi Sport Nantes et nous laissons défiler les kilomètres comme ça. Seule petit point noir dans ce début de course. Je suis parti avec les Sense Ultra et je commence déjà à sentir des échauffements sous la plante des pieds ce qui n’augure rien de bon. Je sais que j’ai pris un risque en prenant ces chaussures minimalistes mais je voulais les tester sur du long car j’adore courir avec. Mais bon je ne vais pas me tracasser avec ça pour le moment. Vers le 7-8ème kilomètres nous arrivons sur le bord du canal. Là je trouve que le rythme est trop lent. Ces parties planes sont un de mes points forts donc je décide de faire péter le groupe en mettant un peu de rythme.

2014-Guerlédan(4).JPG
Mev suit toujours. Parfait on peut continuer à en profiter ensemble surtout que se profile à l’horizon un des points d’orgue du parcours, les Landes de Liscuis. Nous allons monter sur les crêtes du Lac en serpentant dans les lacets au milieu des joncs et des genêts. Un groupe joue de la musique bretonne et nous courons sur de la pelouse. Le plaisir est énorme à ce moment-là surtout que les sensations sont excellentes en ce début de course. Bernard Gautier l’organisateur de la course est présent à cet endroit donc je peux en profiter pour le remercier de vive voix. La partie sur les crêtes est aussi à la hauteur et c’est peu de dire qu’on en prend plein les mirettes.

2014-Guerlédan(5).JPG

La descente technique au milieu des ardoises et des cailloux nous ramène vers le site de départ au 18ème km que nous atteignons en 1h31 à 12,1 de moyenne aux 15 et 16ème place ce qui est déjà une sacré belle performance. Quoi qu’il arrive par la suite on ne pourra pas nous enlever ce début de course enchanteur. Étonnamment je vais avoir un petit coup de moins bien juste après. Je suis le rythme mais je sens bien que je suis moins à l’aise d’autant que maintenant j’ai vraiment mal sous la plante des deux pieds ce qui est très inconfortable. Moralement c’est un petit coup dur d’autant qu’on n’est encore qu’au 1er tiers de la course. Au passage de l’écluse au 20ème km, je m’arrête resserrer mes chaussures et je laisse Mev prendre quelques mètres. Une montée très sèche au milieu des pierres nous attend et mon coup de moins bien se confirme. Un concurrent est même obligé de me pousser pour me sortir de l’ornière, voilà qui n’est pas très encourageant. 3-4 gars me doublent et devant un petit train de 5-6 coureurs se met en place mené par Mev. J’essaie de suivre mais je trouve que ça va trop vite, je ne suis pas à l’aise. Ceci dit j’ai l’habitude de peiner parfois en début de course avant de retrouver un second souffle à la bascule de la mi-course. Je décide donc de décrocher un peu et de ne pas me laisser dicter mon rythme. Je prends mon bidon pour me ravitailler et boum me voilà par terre !

Un grand classique chez moi avec ma foulée rasante et cela confirme mon coup de moins bien. Heureusement seules les mains et le coude a pris donc je reprends ma route sans difficulté. Au 25ème je sais qu’un mur va nous faire face donc je reste en position d’attente. Je le passe du mieux que je peux et petit à petit je me remets en ordre de marche. Sans m’en rendre vraiment compte je remonte des coureurs. Au 30ème arrive la côte du barrage qui m’avait fait mal pendant la reconnaissance donc j’attends juste de la laisser derrière moi. La chaleur commence à faire son effet et cette montée avec des escaliers est terrible. Je finis par m’en débarrasser mais dans la descente qui suit je me prends ma 2ème gamelle du jour. Toujours pas de gros bobo donc on retourne au charbon. Pour ceux qui suivent j’avais dit qu’il fallait gérer jusqu’au ravitaillement du 32ème km à la base de loisirs car c’est là que tu commences. J’aime quand un plan se déroule sans accroc et c’est ce qui va se passer pour moi. Je vais surtout prendre un grand booste au moral. L’ambiance est énorme. Beaucoup de monde, ça crie, ça encourage, ça fait chaud au cœur. Au ravitaillement je rejoins un coureur et on me dit que nous sommes 10 et 11. Là je ne comprends pas bien : « Mais ils sont passés où les autres ??? ». En fait ils en auront oublié 2 dans le compte ce qui fait que nous sommes réellement 12 et 13 mais ça va tourner à mon avantage car ne le sachant pas à ce moment-là ça va me motiver encore plus pour finir fort. 6 balises ont été donné aux élites au départ pour le suivi live et Christophe de Yanoo me demande si je peux en prendre une. « Je veux mon neveu ». Me voilà vraiment dans la course maintenant, à la bagarre comme j’aime. Je grille la politesse à mon collègue resté au ravito et je repars comme un avion de chasse. Oublié les douleurs au pied, je vole. Je sais qu’il y a 10km relativement roulant à venir donc je passe enfin la seconde. Au 35ème km je suis frais, je le sens et on me le dit donc je déroule ma foulée, 14-15-16km/h, ça tourne bien.

2014-Guerlédan(6).JPG
Je poursuis gentiment ma remontée. Je penserais remonter à la 7ème place avant qu’on ne m’indique ma place réelle 9ème, ce qui me laisse déjà pantois. Le ravitaillement suivant est prévu au 40ème donc j’ai géré ma boisson en fonction de ça. En fait il sera au 43ème km et je vais faire plus de 3km à sec où je puise dans mes réserves. A ce ravitaillement je vais faire une petite erreur. Je prends un gel pour compenser mais même avec de l’eau ça va me scotcher un peu sur place et ça me vaudra mon 3ème gadin du jour. Pas le meilleur moment car 10km de grosses difficultés sont au programme. Tant bien que mal je poursuis mon effort. Je vais croiser régulièrement un cycliste sur le parcours qui va me donner des informations bien utiles sur les gars devant moi, « Untel crampe, untel est blessé et marche », ça va me donner le supplément de motivation pour continuer à pousser la machine. J'apprendrais par la suite qu'il s'agissait de Laurent Garnier, vainqueur de la 1ère édition. Je finis par remonter jusqu’à la 7ème place avant de voir un avion revenir de l’arrière. Ça ne m’arrive que très rarement de me faire rattraper sur la fin de course, signe que je commence à payer mes efforts. Dans une autre montée que je gère comme je peux, un autre coureur revient et me dépasse. « Ho c’est pas bientôt fini là ! ». J’accroche sa foulée et le suis sans peine sur le plat. Je le suis tellement sans peine qu’à un moment je dois me rendre à l’évidence, il me ralentit le garçon. Je finis donc par le redoubler pour reprendre ma route en solitaire à la 7ème place donc, ce que j’ai encore du mal à réaliser.

Maintenant je sais qu’il me faut atteindre le ravitaillement de l’écluse au 52ème et après les 6 derniers kilomètres ne seront plus un problème car musculairement je ne suis toujours pas atteint. Franchement c'est abusé, mes jambes sont aussi fraiches qu'au départ malgré mes minimalistes. Seul mon niveau d’énergie commence à baisser sérieusement et la douleur sous les pieds est bien enfouie dans un coin du cerveau maintenant. Les kilomètres défilent et je ne suis pas à plaindre. Il fait beau, je suis en pleine nature et je vis un beau moment. Le ravitaillement arrive à point nommé pour recharger le bidon. Voilà je repasse enfin l’écluse, il est temps de rentrer à la maison. Personne derrière je vais pouvoir gérer gentiment. La 1ère montée est une coulée pas trop raide que je passe en la courant à moitié. A la bagarre j’aurai prolongé mon effort mais là je n’ai plus envie de me rentrer dedans, j’en ai fait assez comme ça aujourd’hui. Une belle petite descente m’amène aux Forges des Salles où je croise Christophe Malardé qui m’annonce un écart de 2’ avec ceux devant moi. C’est bien ce que je pensais, le trou est fait donc je lâche un peu l’affaire.

2014-Guerlédan(7).JPG
Je fais la montée en marchant tranquillement. Reste le dernier mur donc je garde un peu de jus. Cette montée est vraiment terrible. Au milieu des grosses pierres la pente est hallucinante et il faut vraiment pousser sur les cuisses pour s’en sortir. Un petit début de crampe apparait donc il est bien temps d’arriver. Une fois en haut je sais que c’est fini donc je repars à la cool. Dans la descente l’émotion est contenue, trop fatigué je pense pour ça. Je continue à descendre comme un petit père tranquille avant qu’un spectateur ne me dise « tiens ça revient derrière ». Ah bah merde, pas le temps de me retourner je mets un gros coup d’accélérateur et ça répond hyper bien. Comme quoi quand on croit qu’on est cuit il y a toujours des réserves qui restent. Au bout de 5h25 d’effort me voilà donc en bas de la descente et je peux savourer l’arrivée. Quel accueil !

Beaucoup de monde qui crie et encourage, je vais finir par croire que j’ai gagné. Dans le dernier virage, le speaker est surpris de me voir, il me demande mon dossard et mon nom. Si j’ai décidé de faire le Ouest Trail Tour c’est pour la qualité des courses, la densité de la concurrence et soyons honnête aussi pour me faire un petit nom dans le milieu du trail breton. Avec ce résultat je crois que j’ai gagné mes galons. 1er non breton à Guerlédan ça restera une belle fierté pour moi. Je ne fais pas du trail pour la reconnaissance ou pour les podiums. Je fais ça parce que fondamentalement j’aime ça mais quand on fait de la compétition, je pense que ça n’est pas honteux d’être satisfait quand un objectif est atteint voir largement dépassé dans mon cas. Je prends énormément de plaisir à m’entrainer et la compétition n’est que la cerise sur le gateausport. Au ravitaillement d’après course, je suis comme un gosse, tout ébahi d’être assis là au milieu de ces champions et de pouvoir échanger avec eux.


2014-Guerlédan(8).JPG

L’organisation faisant bien les choses, ce sont les 10 premiers qui sont récompensés donc j’aurai même le privilège de partager le podium avec eux. A ce moment-là arrivent les concurrents ayant mis environ 9h à terminer et je ne peux être qu’admiratif de leur performance. Honnêtement, devant je ne trouve pas qu’on souffre vraiment. On est bien préparé et même si par moment on a des coups de moins bien, tant qu’on est à la lutte la souffrance est minime. Par contre derrière vu le profil des coureurs, je me dis que certains doivent vraiment en baver mais ils vont au bout et ça mérite le respect.


2014-Guerlédan(9).jpg

C’est peu te dire que cette course est un must que dois faire tout traileur qui se respecte. Dans la vie il y a des journées un peu spéciales et qui comptent. C’est une de ces journées que j’ai vécu sur le site de l’Abbaye de Bon Repos. Je garderais de cette journée de belles émotions et beaucoup de partage et d’échanges. Voir tous ces bénévoles œuvrer dans la convivialité fait chaud au cœur. Même si je sais que j’y reviendrais, c’est donc avec une pointe de tristesse car nous quittons l’Abbaye qui nous offre son plus beau visage pour notre départ.

2014-Guerlédan(10).JPG

La collaboration avec coach David ne cesse de me surprendre. Je suis toujours sur une phase de progression et je suis curieux de voir jusqu’où on peut aller. Malgré mes bonnes places au Glazig (11ème) et à l’Aber Wrac’h (9ème) je savais que je n’étais pas à 100%. Trop tôt dans la saison pour le Glazig et de retour de blessures sur l’Aber. Je ne voulais pas faire le prétentieux en le disant alors je me suis tu mais là à Guerlédan les planètes se sont alignées. Je me suis bien entrainé, j’étais en super forme et comme je cours bien quand je suis heureux je ne pouvais que bien tourner. Un parcours beau et exigeant comme je les aime et une ambiance magique ne pouvait que me propulser vers l’avant. La prochaine fois qu'on me demande pourquoi je cours, je répondrai "Parce que Guerlédan" !

Malgré le fait que je n’aurai aucune courbature le lendemain ni l’impression d’avoir couru la veille, je vais m’accorder une coupure totale de 5 jours, question de respect pour mon corps. Sur cette lancée je peux me projeter avec gourmandise vers l’autre gros objectif de l’année, le tour de Belle Ile (83km et 2000D+). J’ai des frissons rien qu’à l’idée de faire le tour complet de l’ile. 5 jours sur le chemin de Compostelle (210km) et une semaine à Chamonix me mèneront dans cette ile du Ponant. L’été sera beau, l’été sera chaud !
  • Bruno F. (FRA 095)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Ivan F. (FRA 029)
  • David B. (FRA 035)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Aurélien G. (FRA 085) #3
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Damien C. (FRA 044)
  • David B. (FRA 035)
  • Benjamin P. (FRA 029)
  • Sébastien B. (FRA 065)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Damien C. (FRA 044)
  • David B. (FRA 035)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Sébastien B. (FRA 065)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Cecile L. (FRA 078)
  • Sébastien S. (FRA 049)
You need to be logged in to comment