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Trail de l'Ile d'Yeu 2015

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 3242


Il y a des mois qui respirent le bonheur plus que d’autres. Incontestablement, Juin 2015 rentrera dans cette catégorie. Après un trail chargé d’excitation et d’émotions sur mes terres angevines. Après un Urban Trail Nantais, dans ma ville d’adoption, débordant de partage et de convivialité. Voici qu’approche une escapade maritime pour aller boucler le tour de l’Ile d’Yeu.

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Escapade familiale puisque je serai accompagné de deux de mes oncles et tantes et de mon Papa. A la veille de la fête des Pères, je compte bien réaliser une belle course pour lui rendre hommage à l’arrivée. L’objectif est de finir avec le réservoir vide pour avoir la satisfaction d’avoir tout donné.

Je ne cours pas de marathon car le chrono ne m’intéresse pas. Cette année, j’ai seulement participé à un 10km sur route en février pour me permettre de retrouver de la vitesse en début de saison. Éventuellement, si un semi-marathon sympa se met sur mon chemin, pourquoi ne pas y participer mais ça n’est pas une obsession. Quand je dis que le chrono ne m’intéresse pas, c’est que je ne ressens pas le besoin d’avoir une référence qui me servirait essentiellement à m’étalonner par rapport à d’autres. Et le faire sur la route serait forcément traumatisant et m’obligerait à passer à côté d’une autre belle course en nature. En revanche, j’aime l’effort qu’impose cette distance et je comprends aisément que tant de personnes la chérissent. Ça n’est juste pas pour moi.

Le tour de l’Ile d’Yeu et ses 45km m’offre l’occasion unique d’essayer de reproduire un effort marathon dans un cadre somptueux. Alors je n’ai pas fait la préparation pour un marathon, les longs passages dans le sable mou et la tôle ondulée du sentier côtier vont durcir le parcours mais j’ai bien l’intention de me lancer dans la bataille comme si je chassais mon record personnel. Courir relâché, profiter du panorama mais ne pas relâcher l’effort. Une belle balade oui, mais active !

Après avoir subi les bouchons de Nantes sur le Pont de Cheviré, quel plaisir d’arriver à Port Joinville, le vendredi, par une belle soirée d’été. Je suis vraiment heureux d’être là. Notre location est belle comme tout et me met déjà dans des conditions idéales d’avant course.


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Avec l’expérience acquise au fil des ans, ce type d’effort ne m’est plus inconnu donc je ne ressens vraiment aucune appréhension avant la bataille du lendemain, no stress. Le réveil n’est même pas matinal car pour permettre à des coureurs d’arriver par le bateau du matin, nous ne partirons qu’à 10h40. Le revers de la médaille étant que nous allons subir de plein fouet la chaleur qui s'est installée récemment. 3 courses sont au programme avec un 13 et un 23km. Le 13km part 10 minutes avant nous sur un parcours commun de 8km. Une fois le départ donné, je mets tout de suite du rythme pour évaluer la concurrence et lancer la course sur de bonnes bases.

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Les derniers concurrents du 13km apparaissent rapidement et je commence un jeu de pacman toujours très sympa car il permet de saluer les autres coureurs et de leur souhaiter une bonne course. Cette remontée a tendance à me mettre un peu en surrégime car mes pulsations, assez hautes, sont plus sur une base de semi-marathon voir de 10km.

Mais ça me permet de creuser un petit trou avec mes poursuivants. Au 8ème km, je bifurque à gauche et me retrouve seul avec Patrice, l’ouvreur vélo, qui va m’accompagner tout du long. Le 10ème km est atteint en 39 minutes. Deux de plus qu’à Angers alors que les pulsations sont bien plus hautes, pas forcément un très bon signe. Le sentier côtier est magnifique et je profite de mes bonnes jambes pour dérouler le plus possible. Je zappe le 1er ravitaillement à la pointe des Corbeaux avant de remonter la côte est et ses 4-5km de plages. Je passe dans le sable, qui est relativement dur, au 15ème kilomètre en 59’55’’. Ça va, c’est une moyenne acceptable (un peu d’ironie ne fait jamais de mal).

Le retour dans l’intérieur des terres avec son sol dur me permet de continuer à bien tartiner mais après le 20ème km nous rentrons dans un secteur de dunes de sable mou qui va me mettre un peu à mal. Je commence à sentir la chaleur me peser sur les épaules. N’ayant pas encore passé la mi-course, ça inquiète forcément un peu. J’espère ne pas avoir attaqué trop fort au départ. J’arrive au ravitaillement du 25ème pour un remplissage express de mon bidon. Et là que vois-je ? Une grosse poubelle remplie d’eau fraiche qui n’attendait que moi. Ni une ni deux, je me plonge la tête intégralement dedans. Je reproduirai l’opération à chaque point d’eau. L’effet est immédiat. Je me sens revigoré surtout que dorénavant le champ de dunes est derrière moi. J’en profite pour casser une petite graine.

Bien que le sol soit propice à la performance, l’allure est toutefois en train de descendre même si j’atteins le 30ème kilomètre en 2h05. Je sens que je rentre vraiment dans le dur à partir de ce moment-là. Pas super rassurant alors qu’il reste un tiers du parcours à couvrir. J’aurai bien besoin de soutien moral mais la famille est aux abonnés absents. J’apprendrai après coup qu’ils auront toujours eu un train de retard sur mes passages et arriveront tout juste deux minutes avant mon arrivée. Je ne leur en voudrai pas pour autant.

La partie nord-ouest de l’ile n’est pas la plus simple car quelques passages dans les criques sollicitent un organisme qui ne demande qu’un peu de tranquillité. Il y a comme un petit air de Belle Ile en moins difficile heureusement. Et Patrice, mon ouvreur vélo, est toujours devant moi, présence rassurante et sympathique. Pour avoir vu des coureurs comme David Pasquio et Christophe Malardé, marcher sur le plat sous le coup de la chaleur, à Belle Ile justement, je ne fais pas trop le malin. Même si ça m’est jamais arrivé, je sais que je ne suis pas à l’abri de vivre la même expérience désagréable. Je bois donc régulièrement et me mets dans ma bulle protective pour faire défiler les kilomètres et éloigner le plus possible de mes pensées, l’envie de marcher un peu, voire de s’arrêter et de regarder la mer si tranquille et apaisante. J’ai comme des envies de baignade qui m’assaillent.


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Je pourrais diminuer un peu le rythme car le trou semble fait mais je me suis promis au départ de la course de donner le meilleur de moi-même. Ce qui implique, quand tout commence à partir à vau-l’eau, de ne pas se chercher d’excuses pour ralentir la cadence. Le 35ème km est là. 10km qu’est-ce que c’est ? Une balade à la cool effectuée deux jours auparavant. Une broutille non ? Le corps n’a pas l’air du même avis. D’autant plus que Patrice m’annonce de nombreux passages à venir sur des plages de sable mou. Et en effet il est mou le sable !

Un enfer à ce moment de la course avec le soleil qui est au zénith désormais. Je rattrape les derniers coureurs du 23km qui marchent. Je me force à courir pour sortir le plus vite possible de ce bourbier. 1 plage, 2 plages, 3 plages, interminable. Heureusement le 40ème km est passé. Encore 2km de ce merdier avant de repartir dans les terres. Pour la 1ère fois sur une course, mon estomac au niveau de la gorge, il me prend une folle envie de laisser ma trace sur cette plage. Patrice a de la chance de s’être éloigné car sinon il aurait pris un cailloux à la place des organisateurs. En bon français, je râle un peu, je lâche quelques insultes qui soulagent mais je sais que c’est le jeu et c’est aussi ce qu’on vient chercher sur des courses comme ça, sinon il faut faire du tricot. Que l’amicale des amateurs de tricot me pardonne cette dernière réflexion.

La sortie de la dernière plage restera un grand moment. On m’annonce 2,8 km avant l’arrivée. Je sens une belle émotion m’envahir. Bordel je m’en suis sorti. Le sourire est de retour. Je peine quand même à avoir une allure respectable mais ça n’a plus d’importance. Panneau du dernier kilomètre. Patrice me propose de le faire à bloc. Il est gentil le garçon. J’ai à peine la force de l’envoyer balader en rigolant. Heureusement c’est une boule d’énergie que je vais me prendre en pleine face. Je rentre sur le stade du complexe sportif pour vivre un moment unique dans ma carrière de petit coureur. La plupart des participants du 13 et du 23km sont rassemblés sur le terrain et me font un accueil monumental.

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Je tape dans les mains. Je ne cours plus, je vole. Sans fumée, sans alcool, je vole, je vole. Je dois de nouveau être à 16km/h. Cerise sur le gâteausport, dans le dernier virage, j’aperçois enfin la famille et peux même claquer la bise à mon Papa avant de franchir la ligne, moulu mais comblé.


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C’est avec beaucoup de plaisir et de soulagement que je réponds au speaker puis à une journaliste mais je sens de nouveau l’estomac se manifester et la chaleur me rattraper.


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Une autre journaliste vient vers moi mais là ça ne va pas le faire au risque d’une atteinte grave à ma dignité. En m’excusant platement, je file dans les vestiaires où je vais rester un moment à récupérer. Je suis scotché sur mon banc. Il semble que je sois tout blanc, étonnant moi qui suis plutôt tendance tout rouge. J’avais ressenti la même chose à l’arrivée à Belle Ile. C’est le contre coup de l’effort et de la chaleur combinés. Tu voulais avoir le réservoir vide mon garçon et bien voilà qui est fait !

Un peu remis, je retrouve la gentille journaliste. Elle voulait me poser des questions sur le mental en course. Ça tombe bien, j'ai deux trois choses à dire sur le sujet. Ça n’est pas encore la grande forme mais le retour en vélo me permettra de me remettre plus rapidement. Après une bonne douche, je serai de nouveau opérationnel pour enchainer bière, massage, podium, bière, choucroute de la mer, bière, fête de la musique, bière.

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Et privilège de la course du samedi, le dimanche sera consacré à continuer à profiter des charmes de l’ile en vélo, les jambes étant libres de toutes courbatures. J’ai le sentiment que j’aurais pu enchainer dès le lundi mais comme à mon habitude, je laisserai passer une semaine pour permettre au corps et à l’esprit de digérer cet effort. Une sortie à la piscine et une en vélo permettront de se dépenser un peu avant une préparation estivale qui s’annonce plus que copieuse.

Dans le futur, on va quand même essayer de se trouver des courses avec plus de concurrence car le décalage est trop grand entre mes résultats et mon niveau réel. Mais ça ne sera pas cet été car je n’ai plus de compétitions prévues avant le 21 août et le trail des Moulin à la Pommeraye, magnifique course de préparation, deux semaines avant le Trail du Haut Koenisbourg dans les Vosges. Le vrai challenge sera finalement à Mauves en Vert début octobre où le plateau va être assez incroyable. Sur un tel terrain de jeu, nul doute que ça sera un grand moment de ma saison et une nouvelle belle fête du trail, à domicile qui plus est.
  • Sébastien B. (FRA 065)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Yann L. (FRA 064)
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