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Trail de l'Ile d'Yeu 2016

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1845



Puisque que je ne fais plus que très peu de compétitions, je me permets un compte rendu classique à base de « je » et de « moi » mais promis, après je filerai dans les bois et les montagnes pour redevenir une ombre filant à la poursuite du vent.

L’Ile d’Yeu tient une place particulière dans mon cœur. C’est un lieu où mon Papa aime venir avec son bateau et où je n’ai que de magnifiques souvenirs. Depuis l’année dernière et un déplacement familial, une tradition est en train de se mettre en place. Ayant eu la chance de gagner l’édition précédente, par respect pour les bénévoles qui se dévouent, je me devais d’être de nouveau présent sur le 45km même si la date avancée ne m’arrangeait pas forcément. La course se déroule le samedi et le mardi précédent, je rentrais d’une périple de 5 jours sur le chemin de Compostelle entre Figeac et Conques où j’avais joyeusement gambadé pendant 205km avec des étapes vallonnées de 26-50-52-52-25 kilomètres.

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Autant dire que j’avais laissé un peu d’énergie dans l’histoire même si musculairement l’affaire fût bien gérée. Et puis le plaisir que je pris à évoluer dans des paysages somptueux (Vallée du Célé je m’incline devant ta beauté !) et à partager avec les autres coureurs compensa largement cette dépense énergétique d’autant plus qu’une nouvelle arrivée magique à Conques effaça les quelques reliquats de fatigue.

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Cette année, l’organisation a eu la bonne idée d’inverser le sens du parcours pour donner une approche différente à ce nouveau tour de l’ile. Tour de l’ile que j’aborde relativement tranquillement car la jauge de carburant s'est allumé.

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Ça commence par quelques kilomètres de plage où nous devons nous frayer un chemin parmi les coureurs du 13km partis 10 minutes avant nous. Ce rythme ralentit me convient très bien. Au bout de 5km, nos chemins se séparent et je constate que je suis 3ème avec les deux premiers qui se sont échappés. Je suis déjà très satisfait de cette place et je signerais de suite pour la conserver.

Ma fatigue va se matérialiser par ma plus belle gamelle à ce jour, peu avant le 14ème kilomètre. Ne levant pas trop les pieds, dans une descente, je tape un caillou, et sans grâce aucune, je m’écrase lamentablement comme une crêpe. Le genou tape méchamment un caillou et le coude goute aussi à la terre mère nourricière. Petit moment de flottement avant de constater que tout ça saigne un peu mais qu’il n’y a pas de dommages structurels. Je repars donc sur un bon rythme, cette chute ayant eu pour effet de me réveiller.

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Je mesure la chance que j’ai de courir dans un tel environnement et j’arrive à ne pas me formaliser sur mes sensations un peu vaseuses. J’ai pu travailler cet aspect durant mes 5 jours où la fatigue musculaire a fait son apparition pendant de longues périodes. C’est ce qui m’avait manqué lors de mon précédent ultra donc j’espère que je commence à toucher du doigt une approche mentale qui va me permettre de courir plus longtemps tout en gardant le plaisir.

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Puisqu’il ne s’agit pas d’une course FFA, je décide, une fois n'est pas coutume, de sortir la musique. Sachant que j'en aurais besoin et envie, j’ai pris une play list à base de hip hop qui a le don de me booster. Je garde donc mon petit rythme et me paye même le luxe de passer 2ème vers le 24ème km suite à l’affaiblissement d’un coureur. Le 1er parait très loin mais je sais que la course est longue. Ça n’est pas fini pour la victoire. Pour moi, tout va commencer au ravitaillement du 34ème kilomètre. D’ailleurs sur une longue portion de plage vers le 28ème kilomètre, je l’aperçois tout au loin, ce qui me maintient dans la course.

Je me sens de mieux en mieux et décide donc de tout tenter pour revenir. Le retour dans les dunes, comme l’année précédente, me met à mal et je peine à arriver au ravitaillement du 34ème kilomètre. Mon allure est saccadée et la vitesse déclinante. Et là, il va se passer un truc magique. Je m’arrête, je bois un peu d’eau, mange quelques morceaux de bananes, échangent quelques mots et sourires avec les nombreux gens présents, et avec leurs encouragements, je ressors de ce ravitaillement comme une balle.

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Je suis gonflé à bloc, survolté. Je remets la musique et lance la charge de cavalerie. C’est à ce moment-là que j’aperçois Julien, un gars du cru, quelques centaines de mètres devant. Et là, je sais au fond de moi que j’ai course gagnée. Je suis dans le flow, l’énergie déborde de toute part et je pourrais grimper aux arbres. Du 35ème au 40ème kilomètre, je vais tourner à 15 de moyenne.

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Autant dire que je ne vais laisser aucune chance à Julien de s’accrocher. Les 5 derniers kilomètres seront un peu plus compliquées avec des passages boueux et lié au fait que je ne veux pas relâcher mon effort alors que je finirais pourtant avec 7 minutes d’avance.

L’entrée dans le stade fut au moins aussi forte que l’année précédente. C’est mon UTMB à moi. Beaucoup de gens présents, des mains à taper. Cette année je prends un peu plus mon temps et savoure cette arrivée que je n’imaginais pas le matin. Énorme cerise sur le gâteau, mon Papa présent sur la ligne avec un sourire immense.

En regardant mon chrono, je réaliserai avoir tenu la même moyenne que l’année précédente alors que j’étais parti sur un rythme autrement plus soutenu. Mais cette année, je fus plus régulier ce qui est très intéressant pour la suite. Cette gestion limita la fatigue musculaire avec aucune courbature à signaler les jours suivants, ce qui ne m’empêcha pas de couper 4 jours pour offrir à mon corps le repos qu’il mérite.

Le plus beau dans l’histoire, c’est que la suite est encore plus réjouissante ! Le 25 juin, un grand couillon m’a offert la possibilité d’aller au pays des rêves. Faire le tour de la chaine des Puys en Auvergne, de Volvic à Volvic, 110km de bonheur, pour poser les pieds dans un environnement qui m’attire depuis bien longtemps. Aller enfin voir le pays des Volcans, passer la nuit dehors sous la voute étoilée, à raconter des conneries avec un autre entalqué (Référence au TALC : Truc A La con pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents).

Est ce qu’un traileur digne de ce nom peut demander beaucoup plus à la vie ? Je ne crois pas ma petite dame !

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