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Trail du Vignoble Nantais 2015

Publié par Sébastien S. (FRA 049) dans le blog Sébastien S. (FRA 049). Nombre de vue: 1603

Après deux courses de 10 et 9km qui ont fait souffrir mon cœur de traileur, il est enfin temps de prendre part au 1er vrai trail de la saison, celui du Vignoble Nantais. C’est une course qui est chère à mon cœur et avec laquelle j’entretiens une relation particulière puisque c’est le 1er trail auquel j’ai pris part en 2010 lors de sa 3ème édition. Edition mythique qui avait vu la tempête Xynthia s’abattre sur la France dans la nuit du samedi et rendre les conditions dantesques le dimanche matin. Loin de me dégouter, cela n’avait fait que me pousser plus avant dans ce monde et depuis je n’ai pas manqué une édition. J’ai fait tous les formats, toutes les distances, le jour, la nuit, sous le soleil, la pluie, le froid. L’année dernière, j’ai même eu le bonheur de monter sur les podiums du Nocturne et du Défi des Vins. L’organisation y est toujours excellente, les bénévoles adorables donc si il y en a bien une que j’ai envie de gagner dans la région, c’est celle-ci.

En ce début de saison, je ressens un peu de fatigue. Après quelques semaine dans le plan et deux compétitions, j’ai ressenti le besoin de souffler un peu. Je suis fatigué, ce qui n’est pas étonnant à cette période de l’année où le climat ne fait rien pour énergiser l’organisme. J’allège donc la semaine car mes jambes ne me portent plus comme je le souhaiterais. Je veux avoir du jus pour affronter un parcours qui s’annonce très boueux. Je n’ai pas fait la saison de cross donc je ne suis pas sûr d’être physiquement et mentalement prêt à glisser dans tous les sens. Ce que je sais en revanche, c’est que l’envie est là et qu’avec elle on peut tout accomplir.

La veille du départ, c’est un déménagement qui est au programme. Pas forcément la meilleure façon de préparer la course mais mes amis ont eu le bon gout de supprimer les escaliers de l’équation. De plein pied vers l’ascenseur, voilà qui économise grandement mes petites jambes de vieux. Même la bruine qui nous tombe sur la tête, ne réussira pas à me mettre par terre. La soirée est tranquille mais la nuit un peu agitée. Je rêve que je mène la course. Je me réveille donc un peu fatigué mais relativement confiant. Si j’ai rêvé ça, c’est que je suis dans un état d’esprit positif, j’y crois. Je me promets que si je suis devant, je ne lâcherais rien. « Je suis en mission ». C’est ce petit mantra que j’ai choisi pour m’accompagner durant la course.

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Ainsi me voilà donc revenu au Landreau où comme à l’habitude maintenant, je croise un tas de tête connu comme lors d’une grande réunion de famille. Au niveau de la concurrence, je ne sais pas quelles têtes d’affiches sont présentes mais dès les premiers hectomètres je serais fixé. Sur la ligne, je discute notamment avec David B. du Team qui était sur le nocturne la veille. Pris dans la discussion, je suis surpris par le coup de feu mais ni une ni deux, j’arrive à me placer aux avants postes et à prendre mon rythme avec Guillaume Doineau, un excellent coureur, à mes côtés.

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Je suis bien, à l’aise, je ne force pas. Au bout de 500m environ, je me retourne et là grosse surprise nous ne sommes déjà plus que 3 avec un bel écart de creusé avec les 1000 autres coureurs. C’est plutôt une excellente nouvelle car ça signifie qu’il n’y a pas de grosses pointures sur la course aujourd’hui. De toute façon, les meilleurs sont au championnat de France de cross. Très rapidement le 3ème concurrent nous abandonne sur contracture. Nous ne sommes donc plus que deux et n’ayant pas l’intention d’être le dindon de la farce, je durcis la course sur cette première partie très boueuse.

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Le souffle est bon, la respiration à peine saccadée, au contraire de mon camarade à ce qu'il me semble. C’est donc au train que je le décroche au bout de 2-3km. Désormais, je suis seul face à moi-même. Je voulais être dans cette position donc ne manquerait plus que je m’en plaigne. Sans vouloir me l’avouer à ce moment-là, je sais que j’ai quasiment course gagnée. Je ne suis pas en surrégime donc je ne crains pas de voir mon corps me lâcher. Et après tout ce que j’ai vécu lors de certains ultras, ce n’est pas non plus mon mental qui faillira, je n’ai aucun doute là-dessus. Ce n’est pas 1h30 d’effort qui va m’inquiéter. C’est là qu’on voit toute l’importance de l’expérience. L’accumulation de séances difficiles à l’entrainement et en compétition permet d’avoir des repères et de la sérénité aux moments opportuns. Autant parfois je peux douter de mon état de forme avant une compétition, autant une fois que je suis lancé, je bascule en mode chien enragé et plus rien ou presque ne m’atteint. Si la course me tient à cœur, je suis prêt à aller très loin pour atteindre mon objectif d’autant plus que je me régale à courir au milieu des vignes.

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Les 5 premiers kilomètres sont atteints en 18’40’’, pas un temps exceptionnel mais le parcours est compliqué à ce moment-là. Avec la boue, on va dire que la foulée est moins aérienne qu’à l’ordinaire. Je décide de produire mon effort et de ne pas me retourner avant le 20ème km. Je donne tout et si ça doit revenir, je n’aurais pas de regrets. Je reste donc concentré pour avoir la foulée la plus efficace possible et les kilomètres défilent rapidement. Le ravitaillement du 14ème kilomètre, très peuplé avec de belles animations, casse un peu la monotonie de cet effort.

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Je ne m’y arrête pas mais prends une belle dose d’énergie nourrie par les encouragements et la fanfare qui joue à tue-tête.

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Le boss du Team Sobhi Sport est là et en lui tapant dans la main, pour la 1ère fois, je me dis qu’aujourd’hui c’est pour moi. Je ne me retourne toujours pas mais au bruit ou à l’absence de bruits plutôt, je réalise que les poursuivants ne sont pas à portée de fusil. Je dois donc rester concentré pour ne pas rater un embranchement. Et vous savez ce qui se passe dans ces cas-là ? Et bien on rate un embranchement !

Trop confiant dans ma connaissance du parcours, en haut d’une bosse, je continue tout droit et rate l’intersection à droite. J’arrive au croisement de la route départementale où bien entendu il n’y a aucun bénévole, ce qui aurait dû m’interpeller. Mais je m’entête car au loin je reconnais le point de passage suivant. Au bout de 500m, il faut pourtant bien se rendre à l’évidence, je ne suis plus sur le parcours, merde c’est trop con. Je pourrais rejoindre le point suivant par la route mais d’une part je ne suis pas certain de mon coup et d’autres part ça ne se fait pas. Je me suis perdu, de ma faute entièrement donc je dois refaire les 500m dans l’autre sens pour retourner sur le parcours là où je l’ai quitté. Et c’est une bonne occasion de mettre en pratique mes exercices sur la préparation mentale. Je m’étais conditionné avant la course à ne pas me laisser polluer par les aléas qui ne manqueraient pas d’arriver. Donc pas question de chouiner, de pleurer et de me dire que la course est perdue alors qu’elle me tendait les bras. J’aurais bien le temps de me lamenter plus tard si éventuellement ça se produit. Là je suis toujours en course, tout est encore possible même si c’est compromis. J’ai de l’énergie à revendre donc rien n’est perdu.

J’ai la rage donc j’embraille la bave aux lèvres à vive allure et en revenant sur le parcours, bien entendu je vois d’autres concurrents, 3-4 au moins. Je les remonte un par un et au loin j’aperçois David. Comme je sais qu’il était sur le Défi, je l’imagine au mieux autour de la 7ème- 8ème place donc ça me fait un paquet de coureurs à remonter mais il reste encore quelques kilomètres pour ça. Je finis par revenir sur lui et il m’annonce qu’il est en tête. Là je comprends d’autant moins bien que j’aperçois, devant au loin, un coureur en noir. Je lui demande ce qui est arrivé à Guillaume et il m’informe qu’il a abandonné. Je ne m’attarde pas plus et me lance à la poursuite de ce mystérieux coureur en noir qu’il me semble reconnaitre. En effet c’est Benoit mon camarade du Team Sobhi Sport qui mène la danse. Je reviens sur lui pour vivre un échange un peu surréaliste :

- « Benoit, c’est toi qui est devant ? »
- Sans se retourner il me répond « non c’est Seb »
- « Bah non, c’est moi Seb et je ne suis pas devant ».
Là il se retourne, me regarde, et dans ses yeux je vois passer un grand moment de perplexité. Il pensait que le coureur en bleu revenu sur lui était David couvert de la même tenue Raidlight.

Là encore, je ne m’attarde pas et reprends ma route en solitaire. J’ai une 7ème victoire à aller chercher. J’hallucine d’écrire ces mots, moi qui il y a 2 ans n’était jamais monté sur la boite et considérait ça comme un doux rêve. Bien entendu, plus question de se perdre maintenant, je fais extrêmement attention et baisse même un peu de pied. Mes camarades sont entamés donc je sais que ça ne reviendra plus. De mon côté les sensations sont plutôt plaisantes. Musculairement tout va bien et les jambes tournent comme il faut. Je peux donc savourer les derniers kilomètres et l’arrivée au Château de Briacé en vainqueur. Même si il manquait du monde sur la ligne de départ, c’est avec beaucoup de joie que je franchis la ligne. D’autant plus satisfait que Benoit a conservé sa 2ème place et que David a pris lui la 2ème place du Défi des Vins.

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Après cette bonne dose de compétition pendant 3 weekend consécutifs, on va mettre de côté les dossards pour se consacrer entièrement à l’entrainement. Les deux échéances à venir sont le Mont Ventoux le 15 mars et le Trail de Berric le 12 avril mais ce seront des courses de préparation et je compte bien les prendre telles que, à savoir en mode gestionnaire. Pas question de mettre la même implication mentale qu’au Vignoble. Le Ventoux ça sera avant tout une belle escapade entre amis. Je n’ai pas l’intention d’alléger les semaines pour y participer donc les 6 séances maintenant habituelles seront au programme, fini la glandouille.
  • Sébastien B. (FRA 065)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Mevenig R. (FRA 044)
  • Raymond B. (FRA 038)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Damien C. (FRA 044)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • Cyrille L. (FRA 022)
  • Benjamin P. (FRA 029)
  • Yann L. (FRA 064)
  • Régis B. (FRA 051) #2
  • Sébastien S. (FRA 049)
  • David B. (FRA 035)
  • Samuel F. (FRA 044)
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